Une exposition sur la pêche blanche au CNE

Des cabanes qui ne laissent pas de glace

Entre deux visites sur les sites de pêche... ((Photo Rocket Lavoie))

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Entre deux visites sur les sites de pêche blanche de la région, Claude Guérin a assisté, hier soir, au vernissage de son exposition intitulée Pignons sur glace. On le voit devant des photographies captées à L'Anse-Saint-Jean, lesquelles montrent des cabanes qu'il appelle affectueusement «les deux petites soeurs».

(Photo Rocket Lavoie)

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Daniel Coté
Le Quotidien

(JONQUIÈRE) Qui l'eut cru? Des cabanes à pêche au musée. Plus précisément au Centre national d'exposition de Jonquière où, hier soir, on a procédé au vernissage de l'exposition Pignons sur glace. Regroupant 21 photographies captées par l'artiste Claude Guérin, elle montre comment une activité typiquement hivernale, souvent pratiquée avec des moyens de fortune, témoigne de notre façon d'apprivoiser l'espace, autant que l'hiver.

Cette idée est née il y a cinq ans, à l'occasion d'un séjour en Gaspésie. Après avoir mis en boîte des dizaines de granges et de vieilles maisons, le Montréalais est tombé sur un site où des cabanes étaient remisées. " J'ai alors compris que la pêche sur glace représentait un sujet intéressant ", a-t-il raconté lors d'une entrevue accordée au Quotidien.

Ses premières sorties ont eu lieu dans le voisinage, pour ainsi dire. Vaudreuil, Rigaud, le lac Saint-Pierre, les Îles de Sorel et le lac Saint-Louis ont eu l'honneur d'une visite. Puis, son rayon d'action s'est élargi au point d'embrasser le Saguenay-Lac-Saint-Jean, où l'homme a séjourné au cours des trois derniers hivers. Ce qu'il recherche, ce n'est pas la cabane la plus chromée. C'est celle qui parle à son oeil, qui respire l'authenticité.

«J'aime les cabanes qui ont de la personnalité et je ne fais pas ces photos pour rire du monde. Je trouve qu'il y a beaucoup de créativité là-dedans. On en voit qui possèdent un balcon, d'autres que le propriétaire a décorées à l'aide de graffitis ", fait observer Claude Guérin. Faisant le tour de l'exposition, il présente ses sujets favoris: une cabane de L'Anse-Saint-Jean parée d'un motif de camouflage, celle de L'Île-Perrot qui est aussi colorée qu'un Life Saver, la cabane techno de La Baie, que domine une soucoupe de télévision.

Le Québec réel

Sélectionnées parmi 400 photographies, les images présentées jusqu'au 13 avril sont cadrées en fonction des cabanes. Celles-ci se trouvent invariablement au centre, laissant voir la surface de glace ou de neige qui les supportent, ainsi que de grands bouts de ciels. On ne décèle aucune activité humaine, mais l'environnement physique est bien présent, généralement sous la forme de montagnes. Parfois, les cabanes ont l'air bien petites, face à ces masses sombres qui barrent l'horizon.

«Les montagnes, c'est ce qui m'a impressionné l'année dernière, à ma première visite à L'Anse-Saint-Jean. Le site est extraordinairement beau ", commente Claude Guérin. Il a aussi de bons mots pour celui de La Baie, qui renferme le plus grand nombre de cabanes, et relève le cachet exceptionnel des Îles de Sorel. Ce qui les distingue, ce sont les 24 kilomètres de chemins tracés sur la glace, un long serpent blanc autour duquel on a saupoudré des cabanes.

Au fil de ses déplacements, l'artiste a réalisé que la dimension sociale de la pêche blanche était aussi importante que la récolte de poissons. C'est ce qui lui fait dire que ce passe-temps survivra à l'étiolement des stocks, dans la mesure où le réchauffement climatique ne compromettra pas la sécurité des adeptes. Ce qui ne disparaîtra jamais, en revanche, c'est la lumière hivernale qui enveloppe les sites, les bleus très purs, du genre qui donne froid juste à les voir, les blancs laineux et les gris qui n'annoncent rien de bon.

Ainsi se décline le Québec des régions, celui des grands espaces que l'homme a fini par apprivoiser, des patenteux de génie, des poissons qui ne ressemblent pas toujours à ceux qu'on vend dans les épiceries. Le Québec réel, pas ridiculisé, ni glorifié, montré tel quel par un artiste qui, mine de rien, a inventé sa version à lui de la pêche miraculeuse.

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