Rendez-vous musical de Laterrière

Mieux qu'un système HD

Marie-Christine Poirier et Amélie Fortin ont charmé le... (Photo Rocket Lavoie)

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Marie-Christine Poirier et Amélie Fortin ont charmé le public rassemblé hier, à l'église Notre-Dame de Laterrière.

Photo Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

(LATERRIÈRE) Il n'y avait pas d'écran dans le choeur de l'église Notre-Dame, mais c'était tout comme. Tant d'images ont été véhiculées par les artistes qui participaient, hier soir, à l'avant-dernier programme du Rendez-vous musical de Laterrière, qu'aucun système HD n'aurait pu tenir le rythme.

L'affiche, en soi, était attrayante. Elle comprenait deux musiciennes originaires de la région, la pianiste Amélie Fortin et la violoniste Renée-Paule Gauthier. La première était accompagnée par sa partenaire du duo Fortin-Poirier, Marie-Christine Poirier, tandis que la seconde faisait partie d'un trio comprenant ses amis Pemi Paull (alto) et Jean-Christophe Lizotte (violoncelle).

La première image de la soirée a été créée avec plus d'amour que de virtuosité. Comme c'était l'anniversaire de Renée-Paule Gauthier, la directrice artistique du festival, le conseiller municipal Luc Blackburn a invité le public à lui chanter C'est à ton tour. Une belle pensée à laquelle un ensemble de voix très douces, très féminines, a rendu justice.

Deux violonistes faisant partie de la jeune relève, Claudia Labbé et Delphine Dufour, ont ensuite montré leur savoir-faire pendant une dizaine de minutes. Ces artistes qui viennent de remporter un premier prix d'excellence, au Festival de musique du Royaume, ont été très éloquentes sur une pièce de Gardel, Por una cabeza. Un joli tango. Du jeu délié. Des gens charmés. Bref, une affaire à suivre.

Un plaisir contagieux

Les images évoquées au début de cet article ont été particulièrement foisonnantes dans la première partie du programme, livré devant une salle remplie aux deux tiers. Le Duo Fortin-Poirier a donné le ton avec Jeu d'enfants, une oeuvre de Bizet regroupant 12 vignettes dépeignant de petites tranches de vie.

Les oreilles des mélomanes ont d'abord été caressées par des notes soyeuses, une musique lumineuse faisant penser à un ruisseau coulant paresseusement, par une belle journée d'été. C'était L'escarpolette, pendant laquelle il était fascinant d'observer les pianistes, de les voir courber le dos, pencher la tête à l'unisson, tout en faisant glisser leurs doigts sur le clavier. Un enchantement.

Chaque saynète avait sa couleur à elle, parfois nostalgique, souvent enjouée. Sur Saute-mouton, on n'avait aucune peine à imaginer des enfants libérant un trop-plein d'énergie. Sur Le bal, l'ultime épisode de cette joyeuse exploration, la musique s'est animée comme dans les poursuites qui ont fait la fortune du cinéma muet. Après la finale enlevée, tout le monde était soufflé.

Pour prendre le relais sans démériter, ça prenait une composition pas ordinaire et des interprètes de haute volée. C'est la mission dont se sont acquittés Renée-Paule Gauthier, Pemi Paull et Jean-Christophe Lizotte par l'entremise de la Suite Vjola pour trio à cordes, une pièce écrite par Ljova, un Américain originaire de Russie.

Entre les mouvements Bagel On The Malecon et Plume, on est passé de la légèreté à la nostalgie, voire la mélancolie, avant de découvrir une trame obsédante tressée par l'alto et le violon sur Ori's Fearful Simmetry. On sentait que cette mécanique était fragile, que sans la complicité qui unissait les musiciens, un rien aurait suffi pour l'enrayer.

En revanche, le quatrième mouvement, Budget Bulgar, n'aurait pas déparé dans une fête tzigane. Rehaussé par des pizzicati, des coups d'archet donnés sur les cordes, il a fini sur un crescendo sonore que les mélomanes ont salué en se levant d'un bloc.

Au retour de la pause, le trio a proposé une oeuvre de jeunesse de Beethoven, tandis que le Duo Fortin-Poirier a refait le plein d'atmosphères grâce à la Rhapsodie espagnole de Ravel. Un ultime bonheur fut de voir les cinq interprètes compléter le programme avec la Valse numéro 2, un extrait de la Suite pour orchestre de variété numéro 1 de Chostakovitch.

Dès les premières notes émanant du piano, on a reconnu l'air et des «Oh!» de contentement se sont fait entendre. Les musiciens jouaient avec un bonheur évident, comme s'ils se trouvaient dans un salon. Ils ont placé la barre très haut à l'échelle du bonheur, en vue de l'ultime rendez-vous du festival. Il se déroulera dimanche à 20 h et mettra en vedette le Nouveau Quatuor à cordes Orford.

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