18e Festival forestier de Shipshaw

Maître Daraîche

Désormais, la preuve est faite : la voix graveleuse de Paul Daraîche, conjuguée... (Photo Michel Tremblay)

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Daniel Coté
Le Quotidien

(Shipshaw) Désormais, la preuve est faite : la voix graveleuse de Paul Daraîche, conjuguée à sa personnalité engageante, peut remplir un chapiteau aussi vaste que le centre Georges-Vézina. Il en a fait la démonstration devant plus de 3000 fans de musique country hier soir, lors du spectacle d'ouverture du 18e Festival forestier de Shipshaw.

Il pleuvait, mais personne ne s'en souciait, à 21 h 15, lorsque le vétéran s'est pointé sur la scène en compagnie de ses six musiciens. Le chapeau noir vissé sur sa tête, sa tignasse aux reflets gris, son visage élégamment buriné, de même que son manteau long descendant jusqu'aux genoux, lui donnaient des airs de pirate. Après quelques notes, une phrase, tous l'auraient suivi sur l'île au trésor.

Il a chanté Quand revient le printemps, prétexte à une première intervention de l'excellent joueur de slide, avant d'évoquer ses 45 ans de carrière et les liens tissés avec son public. « Je roule ma bosse avec des chansons qui parlent de gens comme vous. De vous voir ce soir, dans cet immense chapiteau, ça me touche beaucoup », a confié Paul Daraîche.

Puisque ce spectacle s'inscrivait dans la foulée de l'album Mes amours, mes amis, vendu à 125 000 exemplaires, de nombreux duos ont ponctué la soirée. Le premier a donné lieu à un joli contraste, alors que la jeune et menue Cindy Daniel a rejoint le chanteur pour présenter Tout de moi pour toi, une ballade douce, mais pas triste du tout.

On aurait cru que l'homme ménagerait ses effets, mais dès la pièce suivante, Maxime Landry est apparu. Cette fois, l'émotion était au rendez-vous, puisqu'il a uni sa voix à celle de son aîné pour interpréter Dis papa. Cet appel à l'absent, livré avec une certaine solennité, a remis la slide à l'honneur par l'entremise d'un solo presque céleste.

Le public était sérieusement remué, mais Paul Daraîche n'était pas d'humeur à lui accorder un répit. Tout de go, il a enchaîné, seul comme un grand, avec le Stewball de son idole Hugues Aufray. C'était mélancolique à souhait en dépit des arrangements qui, étrangement, faisaient penser au Happy Xmas de John Lennon, surtout à la fin. Si c'était voulu, on accorde un morceau de robot au directeur musical.

L'invitée suivante, Laurence Jalbert, a donné du tonus à la chanson Je pars à l'autre bout du monde. Lui « groundé », elle aérienne, ils ont concocté un duo si charmant qu'on aurait aimé les voir récidiver, sauf que Mario Pelchat attendait son tour. Paul Daraîche avait à peine entamé Rosalie que le Jeannois a bondi sur la scène, passant en coup de vent à travers les portes de saloon tenant lieu de décor.

La foule, déjà pas mal réchauffée, a alors atteint le point d'ébullition. Après avoir entendu une version entraînante, presque pop, elle a sifflé, crié, tout en se levant d'un bloc. « C'est lui qui a cru en mes chansons et qui a réalisé mon rêve », a alors lancé Paul Daraîche, en référant au fait que son partenaire a produit l'album Mes amours, mes amis.

« Je pense que tu te sous-estimes. Le public te suit depuis 46 ans et moi, j'avais juste envie d'entendre tes chansons autrement », a répondu Mario Pelchat avant de se retirer. Le moment était bien choisi pour évoquer le long chemin parcouru par le Gaspésien, au fil d'un medley regroupant des chansons américaines qu'il entendait le soir, par la magie de la radio.

C'est à ce stade que le représentant du Quotidien a dû déclarer forfait, à regret, quelque part entre Folsom Prison Blues et Jambalaya.

Luc Boulianne

Ceux qui assisteront au spectacle de Dwight Yoakam, ce soir à 20 h, commettront une grave erreur s'ils se pointent trop tard pour entendre Luc Boulianne. Aujourd'hui comme hier, le gars du Haut-du-Lac aura pour mission d'ouvrir pour la vedette du programme et disons-le clairement, ce n'est pas un pied de céleri.

Cet artiste aguerri sait comment réveiller une foule. Il ne se contente pas d'aligner les reprises, mais établit le contact avec le public, même sous un chapiteau surdimensionné. « C'est la première chanson que j'ai apprise », a-t-il lancé, par exemple, avant d'entonner You Are My Sunshine. Rien de compliqué, mais déjà, on sentait poindre un zeste de complicité.

Flanqué d'Alex, son violoniste, le Jeannois s'est ensuite engagé dans La guitare de Jérémie, faisant sien le texte de Patrick Norman. Même si des gens placotaient, plusieurs se sont joints spontanément à lui pour le refrain, prélude à une finale bien tricotée grâce au maillage de la guitare et du violon.

Il y a eu d'autres perles, dont une adaptation du Country Roads de John Denver, mais l'homme a réservé ses meilleures cartouches pour la fin : Orange Blossom Special de Johnny Cash et l'inusable Salut les amoureux de Joe Dassin, pendant lequel la foule a vraiment embarqué. On a alors compris que Luc Boulianne avait complété son mandat. Paul Daraîche allait arriver en terrain conquis.

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