L'esprit vif et l'oeil rieur à 97 ans

Le père Benoit Lacroix... (Photo Jeannot Lévesque)

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Le père Benoit Lacroix

Photo Jeannot Lévesque

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Daniel Côté
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Qu'est-ce qui étonne le plus chez le père Benoit Lacroix? Le fait qu'il ait toujours l'esprit vif et l'oeil rieur à 97 ans? Sa propension à voir dans la culture une manifestation de l'esprit religieux? La sérénité avec laquelle il entrevoit l'avenir de l'Église?

Toujours est-il que ce membre de l'ordre des Dominicains est de passage au Saguenay, depuis lundi, et que sa bonne humeur est contagieuse. Hier, par exemple, il fallait le voir au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, assis entre Monique Boisvert et Micheline Hamel du Choeur Euphonie, qui venait de chanter pour lui. L'homme était rayonnant, au même titre que les deux femmes.

«Des anciens professeurs qui forment une chorale au lieu de chialer, ça m'impressionne. Je me dis que c'est beau et je trouve qu'ils prononcent bien, alors qu'il y a plein de chanteurs d'opéra qui ont des problèmes avec les consonnes», a commenté le père Lacroix en dessinant un large sourire.

Au fil de sa longue carrière, il a écrit une quarantaine de livres, dont plusieurs font écho à son intérêt pour la culture, ainsi que les religions populaires. Observateur attentif et lucide, le père Benoit Lacroix n'est pas du genre à entretenir une vision idéalisée du passé. Il condamne les errements de l'Église, tout en se montrant optimiste pour la suite des choses.

À propos des changements qui ont suivi le concile Vatican II, par exemple, le Dominicain émet de sérieuses réserves. Le rejet du chant grégorien l'interpelle autant que le saccage des églises, où tant de trésors ont été liquidés au nom de la modernité: des chaires en bois sculpté, des ciboriums, des balustrades et tutti quanti.

«n a été trop vite. Il y a eu des erreurs parce que les gens de religion subissent l'influence du milieu. C'est ainsi qu'on a laissé tomber le grégorien au profit de musiques plus pauvres et qu'aujourd'hui que les églises se vident, on vend des objets d'art sacré aux Américains. C'est tragique», estime le père Lacroix.

Tolérant, il dit comprendre ces errements, autant que la désaffection de tant de catholiques, particulièrement au Québec. «Les gens sont en crise vis-à-vis de la religion et, en tant qu'historien, je n'ai pas à les juger. Ce que je sais, par contre, c'est que la religion est partout. On ne peut pas la détruire, pas plus que le besoin d'admirer un paysage», fait-il remarquer.

Une partie de ses réflexions seront partagées ce matin, à l'hôtel Le Montagnais de Chicoutimi. Le père Lacroix complétera son séjour dans la région en prononçant une conférence à 7 h 30, à l'invitation du groupe Rencontre, Silence intérieur et Prières, Témoignages-Saguenay. Signe que sa popularité est aussi grande que sa longévité, ce rendez-vous aura lieu à guichets fermés.

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