« Notre-Dame-de-Fatima constitue une oeuvre unique. Elle montre qu'on a été à l'avant-garde, qu'on a été les premiers pendant l'âge d'or des églises modernes. Il y a des choses qu'on ne doit pas détruire », a-t-elle commenté hier, au cours d'une entrevue accordée au Quotidien. L'avenir de la belle structure blanche l'inquiète, tout comme celui des immenses vitraux créés par son mari, à la demande de l'architecte Paul-Marie Côté.
On ne les remarque guère de l'extérieur et pourtant, ils ont puissamment contribué à la renommée de l'église. En 1967, par exemple, le ministère du Tourisme du Québec avait distribué de grandes affiches montrant l'intérieur du bâtiment, dans lequel se reflétait la lumière colorée par les vitraux. Les responsables de cette campagne avaient bien saisi l'intention de l'architecte, qui misait sur ces oeuvres hautes de 80 pieds pour compenser l'absence quasi totale d'ornementation.
« Il y avait eu beaucoup de rencontres avant la réalisation des vitraux, puisqu'on devait tout inventer. Il fallait tenir compte de l'inclinaison de la structure, ainsi que de la hauteur des oeuvres, pour que ça se tienne. L'un des vitraux mettait en évidence les tons froids, alors que le deuxième privilégiait les tons chauds. Pour que ce soit moins lourd, on les avait fabriqués à l'aide de plexiglas », précise Marcelle Barbeau.
Son mari, qui compte parmi les artistes importants de la région, était fier de ce qu'il avait accompli à Fatima. Il considérait ce projet comme l'un des plus réussis de sa longue carrière, l'aboutissement de ses années d'apprentissage aux Beaux-arts de Québec, puis dans une école de Detroit où il s'était perfectionné dans l'art du vitrail, au début des années 1950. « Jean-Guy aimait le verre, sa coloration, sa transparence. Il voyait toutes sortes de possibilités là-dedans », rapporte son épouse.
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