»Ça me fait mal au coeur»

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Pierre Mazurette a présidé trois éditions de ce qui s'appelait à l'époque la Semaine mondiale de la marionnette.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

(JONQUIÈRE) L'avis de faillite du Festival international des arts de la marionnette (FIAM) du Saguenay sera présenté aux créanciers aujourd'hui. Certains fournisseurs subiront des pertes allant de 20 000$ à 350 000$. Le responsable du dossier, le syndic Fabien Tremblay de Chicoutimi, ne pouvait rendre publics les détails avant que les créanciers en soient avisés, mais a confirmé que les montants en cause dépassaient les 600 000$.

«Ça me fait mal au coeur. J'ai mis huit ans de ma vie dans ce projet et je peux vous affirmer que ça se comparaît à tout ce qui se fait en Europe et ailleurs dans le monde», a commenté Me Pierre Mazurette, président de Diffusion Saguenay qui a présidé trois éditions de ce qui s'appelait à l'époque la Semaine mondiale de la marionnette.

Interrogé par Le Quotidien à savoir si Diffusion Saguenay pourrait reprendre un événement de ce genre pour en assurer la réalisation, Me Mazurette a indiqué qu'à court terme, c'est impensable.

«Il y a sûrement un héritage à récupérer, mais il faut faire un véritable un bilan de ce qui s'est passé. Il faut comprendre pourquoi un événement qui avait le vent dans les voiles avec un budget équilibré, il y a quelques années, en est arrivé là», fait valoir l'homme de spectacle.

«Il va falloir qu'on trouve les énergies et le moyen de reprendre cet héritage, mais on constate que c'est difficile pour les événements culturels en région. Il y a plusieurs exemples d'événements qui ont cessé d'exister au cours des dernières années. Le théâtre est un secteur très pointu du monde de la culture et le théâtre de la marionnette l'est encore plus. Pour organiser ce genre d'événement, ça prend une équipe dédiée, des gens compétents et connaisseurs de ce genre de théâtre», reconnaît Pierre Mazurette, visiblement déçu de cette faillite.

Une perte pour la région

Le président de l'arrondissement de Jonquière, Réjean Laforest affirme, quant à lui, que la mort du festival de la marionnette «est une perte non seulement pour la région, mais pour le Québec et même le Canada. C'était un événement de calibre international. C'est malheureux pour les bénévoles et pour l'image de la culture en région qui en prend un coup. On s'est toujours débattu pour conserver ça ici en région», déplore l'élu municipal qui a siégé cinq années au sein du conseil d'administration de l'événement par le passé.

Pour le politicien de Jonquière, «l'événement est mort et il n'y a pas de réflexion pour le moment à savoir si la ville va le sauver, on n'est pas là pour éponger des déficits. J'ai fait beaucoup pour ce festival en demandant à mes collègues de Saguenay de nous aider. L'an dernier le ministre fédéral Denis Lebel a accordé une subvention de 263 000$ pour la quête du dragon et Saguenay a soutenu le festival pour 150 000$ l'an dernier», rappelle Réjean Laforest, soulignant que les revenus du FIAM sont des subventions à 85%.

Le politicien de Saguenay va entendre la réunion des créanciers prévue à la fin janvier avant brasser ce dossier. «C'est le conseil d'administration qui a mis fin aux activités après 23 ans d'existence. C'est triste, mais la ville ne fait pas de festival. On verra s'il y a des gens intéressés à reprendre le flambeau», conclut Réjean Laforest.

Rblackburn@lequotidien.com

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