L'artiste déçu, mais compréhensif

«Je m'attendais à des complications, mais c'est une grosse surprise de voir que... (Photo Jeannot Lévesque)

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Daniel Côté
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) «Je m'attendais à des complications, mais c'est une grosse surprise de voir que l'exposition est bloquée avant le vernissage. Je pensais que ça arriverait après une journée ou deux», a commenté l'artiste John Boyle-Singfield hier, lors d'une entrevue accordée au Quotidien.

Déçu, mais pas au point de ruer dans les brancards, il accepte le fait que certains des artistes ayant participé à l'exposition Hors champ, présentée en septembre, n'ont pas voulu que leurs créations soient remaniées, puis montrées au public. En revanche, le Saguenéen soutient que ses reproductions décalées constituent des oeuvres à part entière.

«À mon avis, celles qui se trouvent dans la galerie sont les miennes, dit-il en s'appuyant sur la notion du «fair use», de l'usage légitime d'une création artistique. Si j'ajoute une valeur conceptuelle aux images, dans mon esprit, je peux me les approprier. Elles deviennent mes oeuvres à moi.»

C'est après avoir visité l'exposition Hors champ, présentée au cours de sa résidence d'artiste à Espace Virtuel, que John Boyle-Singfield a eu le goût de la refaire en utilisant les mêmes aménagements physiques, ainsi que les mêmes éclairages. Il ne restait qu'à reproduire les tableaux, les photographies et les vidéos, une tâche qui fut accomplie au cours de l'automne.

«Je voulais faire écho aux films qu'on enregistre dans les salles de cinéma et qu'on met en vente à prix réduit, à cette culture de la copie qui a explosé sur Internet, depuis quelques années. C'est pour ça, par exemple, que j'ai utilisé un appareil «cheap» pour photographier certaines oeuvres et que des tableaux ont été refaits en Chine», souligne l'artiste saguenéen.

L'idée n'était pas de livrer des copies parfaites. Il s'agissait d'initier une réflexion et dans cette optique, John Boyle-Singfield juge que l'exposition devait être présentée dans son intégralité ou pas du tout. C'est pourquoi il a rejeté la proposition d'Espace Virtuel, qui consistait à montrer uniquement les oeuvres pour lesquelles on avait obtenu l'accord des artisans d'Hors champ.

«Je me faisais censurer et comme je trouvais que ça n'avait plus d'allure, j'ai décidé de mettre la clé dans la porte. Le problème, c'est que depuis ce temps-là, j'ai attrapé la grippe et on dirait que je ne pense qu'à ça», raconte l'artiste, dont le sens de l'humour est demeuré intact.

Quand on lui demande ce qu'il adviendra de ses oeuvres devenues aussi connues qu'invisibles, il ne sait trop quoi dire, du moins pour le moment. «Je n'en ai aucune idée, puisque le concept voulait que ça se passe à Espace Virtuel», indique John Boyle-Singfield, dont la prochaine exposition sera inaugurée dans une semaine, à Québec, au centre d'artistes Le Lieu.

Dcote@lequotidien.com

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