Les festivités du 175e lancées en grand à Alma

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Joël Martel
Le Quotidien

(Alma) Le 175e anniversaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean s'est amorcé avec un spectacle à grand déploiement où le public a été transporté dans une série souvent déstabilisante de tableaux mettant en vedette Marc-André Fortin, Mario Pelchat et Voïvod. Or, les spectateurs ont su s'y adapter et y trouver leur compte. Mais surtout, on retiendra de cette cérémonie que sa préparation et son organisation ont visiblement bénéficié d'énormément d'amour et de passion.

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La barre était haute en ce qui a trait à la cérémonie d'ouverture des Fêtes du 175e. Depuis l'annonce du programme de cette soirée du 31 décembre 2012, de nombreux questionnements sont apparus. De ce fait, la fébrilité était donc à son paroxysme au sein de Place Festivalma à quelques minutes du début de spectacle.

Dès la toute première seconde de l'événement, les organisateurs ont immédiatement affiché leurs couleurs. Dans une vidéo présentée sur grand écran, un aéronef se dirigeait vers le Saguenay-Lac-Saint-Jean. C'est alors qu'est apparu sur scène le maître de cérémonie de la soirée, Serge Turbide. Sous les applaudissements enthousiastes du public, l'animateur vêtu d'un costume de cosmonaute a récité un poème faisant hommage aux différents patelins de la région.

Ce dernier a ensuite enchaîné avec autodérision en se présentant de la sorte : «Pour ceux et celles qui ne me connaissent pas, j'ai fait une grosse carrière de chanteur qui n'a pas beaucoup fonctionné grâce à vous.» À cet effet, ce dernier a su mettre en évidence ses talents d'interprète à plusieurs occasions lors de la soirée. D'ailleurs, Turbide a immédiatement entonné une chanson aux arrangements kitsch dignes d'un Club Med intitulée Au pays des bleuets. Avec humour, il a ainsi énuméré les particularités de chaque coin de la région tout en faisant danser les spectateurs.

Les pas de danse se sont poursuivis, car le DJ Pascal Beaulieu a charmé le public avec ses rythmes envoûtants tandis que le VJ Charlie Mars a transformé des images d'archives en véritable clip musical. Le duo est d'ailleurs revenu à différentes occasions pendant le spectacle.

Quelque 3000 spectateurs

La table étant alors mise, Mario Pelchat s'est amené sur scène afin de présenter Des rêves à faire, la chanson-thème des Fêtes du 175e qu'il a composée. Avec sa voix chaleureuse qu'on lui connaît, le chanteur a su réchauffer la foule qui était alors à son point culminant de spectateurs. Environ 3000 spectateurs s'étaient déplacés et avaient bravé le froid hier.

Après un court segment protocolaire où notamment, le député et ministre Alexandre Cloutier a littéralement bondi avec énergie sur scène, la coqueluche des tout-petits (et plus secrètement des grands), Atchoum, a fait le bonheur de tous. Entourée des différentes mascottes de la région, le sympathique clown a livré une version dynamique et revue de son succès Frappe tape. En peu de temps, même les spectateurs rébarbatifs n'ont pas pu résister à la douce folie d'Atchoum.

Une vidéo a ensuite été projetée dans laquelle on pouvait voir l'inoubliable Paul Davis interpréter Mon village. On croyait l'émotion à son maximum, mais c'était sans savoir que le choeur La Gaillarde surgirait des gradins à l'arrière tout en étant accompagné de la ravissante Sylvie Tremblay. Soulignons-le, ce fut là une idée géniale du metteur en scène Dominic Bédard.

Toujours dans le rayon des surprises, c'est un Phil Brach endiablé qui a pris d'assaut la scène afin de chanter avec fougue Le lac Saint-Jean de Mononc' Serge. Avec des images d'archives de la fameuse traversée, l'effet fut tel que le côté grivois de la chanson a subitement pris une tournure à la fois nostalgique et attendrissante. Un autre bon coup de Dominic Bédard.

On aurait pu penser avoir tout vu, mais c'est à cet instant que Les 4 guitaristes de l'Apocalypso-Bar se sont fait entendre. Du haut des quatre tours disposées dans Place Festivalma, le quatuor de guitare a donné ses lettres de noblesse à la musique actuelle en jouant la pièce Lac Kénogami 2040. Des quatre membres originaux de la formation, seul André Duchesne était de la partie, mais le caractère énigmatique du groupe aura été préservé à merveille. Seul bémol, il aurait été de bon ton d'indiquer sur l'écran géant de quoi il en tenait, car de toute évidence, le public a été grandement déstabilisé par la prestation.

La prestation de Cynthia Harvey, qui a donné suite à ce moment inattendu dans un tel genre d'événement, a sans aucun doute rassuré les spectateurs moins familiers avec cet univers. La chanson Je viens d'ici a donc préparé le terrain pour l'interprétation touchante de Carole par Guy Harvey, l'ex-leader de la formation Les gendarmes. Avec des images d'archives projetées au grand écran, plusieurs gens dans l'assistance ont pu se rappeler une époque où l'avenir semblait prometteur à souhait.

Deuxième extrait

Moment fort

Les souvenirs de ceux-ci auront été probablement brusqués par l'apparition rugissante du groupe culte Voïvod. Accueillie par les hurlements euphoriques de nombreux spectateurs, l'interprétation de Voïvod d'Astronomy Domine était réglée au quart de tour. Le groupe de notoriété mondiale a, une fois de plus, fait preuve de sa générosité et du plaisir qu'il a à se retrouver sur scène. Assurément, l'un des moments forts de ce spectacle.

Le froid aura eu probablement raison de certains spectateurs, car c'est dans le très bref entracte qui a suivi que l'assistance est devenue plutôt parsemée. Cet exode n'aura donc pas donné justice à la prestation touchante de la pièce Les enfants de la terre de Mike O'Cleary. Même son de cloche pour L'épopée du nord, une chorégraphie signée par Chantal-Éric Dumais.

Heureusement, la présence énergique de Marc-André Fortin, accompagné des trois soeurs Riverin, aura su raviver la flamme grâce à la chanson Une année dans un jour. Les spectateurs en couple auront ensuite profité de son interprétation de Tu m'aimes-tu? afin de se blottir auprès de leur douce moitié.

La tendresse a rapidement fait place à l'étonnement avec la venue du prometteur groupe local Cellos on Fire. Mêlant instruments symphoniques à des arrangements flirtant avec le métal, Cellos on Fire a fait apparaître de nombreux visages stupéfaits dans la foule. Il va sans dire que le medley country de Serge Turbide où celui-ci a interprété des chansons comme Quand le soleil dit bonjour aux montagnes a été reçu étrangement après une telle performance.

Décompte de minuit

Le dernier bloc avant l'arrivée de minuit a fait principalement honneur à la mémoire du défunt André «Dédé» Fortin. Suite à un numéro de danse, ce sont les voix d'Élizabeth Gosselin, Yann Fournier et Philippe Brach qui se sont prêtées à un hommage aux Colocs. Un très bon moment qui a fait danser de joie les spectateurs. L'interprétation revampée de La rue principale par Bodh'aktan en a ensuite mitigé plus d'un. Était-ce vraiment nécessaire de donner à un tel classique une mouture de la sorte? Une chose est certaine, les fans du groupe dans l'assistance ont ressenti un immense bonheur et lorsque Mario Pelchat a rejoint Bodh'aktan sur scène afin de présenter une chanson inédite, le plaisir n'en a été que décuplé.

En ce qui concerne le fameux décompte de minuit, on accusera le froid et la complexité d'un programme aussi rempli pour le caractère un peu brouillon de l'exercice. Vraisemblablement déstabilisé, l'animateur Serge Turbide a invité le public à traverser l'année dans une certaine confusion. Gageons que celui-ci saura allègrement lui pardonner.

Enfin, Dominic Bédard aura eu l'idée fantastique de faire commencer l'année 2013 avec les artistes de demain. C'est la violoncelliste Marie-Pier Simard Gagnon, seulement âgée de 13 ans, qui a donc eu l'honneur de livrer la première prestation de l'année tout en clôturant cette grande fête. Dans un numéro commençant tout en douceur, une funambule surplombait la scène alors que des danseurs entouraient la musicienne. Et puis, des effets pyrotechniques combinés à l'arrivée de musiciens ont transformé le numéro en un moment de rock pur.

Le ciel est alors devenu le théâtre d'un feu d'artifice épique. Et devant les yeux émerveillés des spectateurs qui avaient su braver le froid, le 175e anniversaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean venait à peine de prendre son envol.

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