Les circonstances, mais aussi son désir fervent, presque religieux, de ne pas rater sa rentrée, ont creusé une parenthèse de 12 ans par rapport à l'enregistrement précédent. Cinq pour écrire les chansons et sept pour constituer une équipe en mesure de les habiller, le tout entrecoupé d'une rupture amoureuse, d'une commotion cérébrale sévère et de l'accompagnement d'une personne malade.
«À un moment donné, j'ai songé à donner mes compositions à quelqu'un d'autre. J'avais peur parce que je ne savais pas à quoi m'attendre, mais ma passion pour l'écriture et la musique était trop forte», a-t-elle mentionné hier, lors de son passage dans les locaux du Quotidien.
Le dossier a pris un tour positif grâce au réalisateur Carl Bastien. Ce musicien émérite, complice de Dumas depuis des lunes, a obtenu carte blanche pour modifier la maquette sur laquelle Joane Labelle interprétait ses chansons en s'accompagnant à la guitare. «J'avais confiance en lui et il a proposé un environnement pop à la française», décrit l'auteure.
Tout ce qui manquait, c'était un regard extérieur qui est venu de Marc Déry. Il a participé à la réalisation de trois titres, dont Katmandoo, celui qui ouvre l'album. C'est une histoire qui ne se passe pas au Népal, mais dans un bar, un milieu que Joane Labelle connaît bien pour y avoir travaillé.
«J'ai été barmaid et comme la clientèle parle anglais et français, on s'exprime dans les deux langues quand on fait ce métier à Montréal, raconte-t-elle. J'aime beaucoup ces personnes qui sont chaleureuses, sexy et fines, qui sont belles, mais qui jouent aussi le rôle de confidentes. Le titre réfère à la Catwoman, qui symbolise les femmes fortes, de même qu'aux hommes et à la douceur.»
D'autres thèmes sont abordés, dont l'ennui dans Comme ces jours de vie, ainsi que l'admiration dans C'que chez toi j'aime le plus. Ils évoquent une vision du monde qui est celle d'une adulte, d'une femme qui accepte volontiers de ne plus être une poulette du printemps, tout en défendant des compositions aux accents on ne peut plus actuels.
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