Belles-Soeurs?

Une oeuvre à part entière

Des premières minutes de la pièce jusqu'à celles... ((Photo Rocket Lavoie))

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Des premières minutes de la pièce jusqu'à celles après la conclusion de la représentation, on ne peut nier que la magie de Belles-Soeurs est grandement attribuable à ce que l'on pourrait qualifier de facteur Fortin.

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Joël Martel
Le Quotidien

(Jonquière) Sera-t-il désormais possible d'envisager le chef-d'oeuvre de Michel Tremblay, Les belles-soeurs, dans une autre mouture que celle du Théâtre d'Aujourd'hui? Intitulée Belles-Soeurs, cette adaptation mise en scène par René Richard Cyr propulse la pièce de Tremblay dans un état de grâce sublime. Quand tous les astres s'enlignent afin de donner vie à une fresque humaine à la fois émouvante et délirante.

L'oeuvre Les Belles-Soeurs de Michel Tremblay fait partie de la mythologie québécoise. Germaine Lauzon met la main sur un million de timbres promotionnels qui lui permettront de faire l'acquisition de nombreux biens. La dame invite donc sa famille à lui venir en aide afin de coller ces timbres dans des carnets. La corvée deviendra un prétexte afin de faire connaissance avec les personnalités colorées qui constituent l'entourage de Germaine. Du coup, les spectateurs ont droit à une radiographie de la société québécoise.

Mieux qu'à Broadway

Il faut du courage pour s'attaquer au répertoire de Michel Tremblay. Il en faut encore plus lorsqu'on décide de le transformer en théâtre musical. On risque alors bien plus de dégrader l'oeuvre que de la restaurer. Or, l'apport de Daniel Bélanger en tant que compositeur aux paroles concoctées par René Richard Cyr est tout simplement un énorme tour de force. Qu'il s'agisse de la drôlement entraînante Gratis ou la troublante Crisse de Johnny, chaque chanson est dotée d'une musicalité à donner des frissons. D'autres pièces, telle Lame noire notamment, bénéficient d'arrangements hypnotiques et perturbants.

Quatre musiciens efficaces dirigés par Benoit Sarrasin, Les Beaux-Frères, accompagnent les interprètes sur scène. À la différence des pièces de Broadway, où les comédiennes sont généralement choisies en fonction de leurs qualités de chanteuse, Belles-Soeurs a décidé d'épouser une tout autre approche. Ce ne sont pas les comédiennes en tant que telles qui chantent, mais bien leur personnage. D'ailleurs, Hélène Major mérite une mention d'honneur pour son interprétation de la snobinarde Lisette de Courval. Avec sa voix de chanteuse d'opéra et ses intonations hilarantes, la Lisette de Courval d'Hélène Major s'inscrira assurément dans l'histoire des Belles-Soeurs.

Coup de théâtre

Il y a la musique, mais il y a aussi le théâtre. À ce titre, la distribution de Belles-Soeurs n'est rien de moins qu'éblouissante. De par son personnage de Germaine Lauzon, Marie-Thérèse Fortin veille sur ses comédiennes avec une sensibilité qui traverse le quatrième mur du théâtre. Des premières minutes de la pièce jusqu'à celles après la conclusion de la représentation, on ne peut nier que la magie de Belles-Soeurs est grandement attribuable à ce que l'on pourrait qualifier de facteur Fortin.

Dans le rôle de la débauchée Pierrette Guérin, Maude Guérin confirme qu'elle fait aussi partie des grandes dames du théâtre québécois. Dès son entrée sur scène, elle prend possession des lieux et insuffle à la production un climat propre à son personnage. Le personnage de Pierrette se veut le miroir des autres belles-soeurs, celui qui les dépeint comme elles sont, dans leur tragique banalité. Il faut un interprète d'une justesse et d'une intensité particulière pour incarner toute la force d'une personnalité aussi intense. De toute évidence, Maude Guérin est la comédienne tout indiquée.

En acceptant de prendre la relève de Guylaine Tremblay, Sonia Vachon a réussi avec brio à construire une Rose Ouimet touchante et authentique. Évidemment, on ne peut passer sous silence la présence de l'icône et légende vivante du théâtre québécois, Janine Sutto. De la voir sur scène dans un rôle délicat comme celui d'Olivine Dubuc est un privilège en soi.

Plus de détails dans la version papier du Quotidien//

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