Toujours proche des gens

Après toutes ces années, le succès n'a pas changé Paul Daraîche

Pourquoi un artiste comme Paul Daraîche a-t-il traversé... (Photo Jeannot Lévesque)

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Pourquoi un artiste comme Paul Daraîche a-t-il traversé les modes et les époques sans perdre une once de sa popularité?

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Daniel Côté
Le Quotidien

(Chicoutimi) Pourquoi un artiste comme Paul Daraîche a-t-il traversé les modes et les époques sans perdre une once de sa popularité? Parce qu'il est resté proche des gens et que sa capacité d'émerveillement est demeurée intacte, ainsi qu'a pu le constater l'auteur de ces lignes hier, à l'occasion d'une entrevue réalisée au journal.

Même si son album de duos, Mes amours, mes amis, franchira le cap des 40 000 exemplaires vendus d'ici aux Fêtes, ce qui vaudra au chanteur un disque d'or, chaque rencontre avec le public revêt un caractère sacré, laisse-t-il entendre. Les soirs de spectacles, par exemple, il lui arrive de rencontrer ses fans trois fois plutôt qu'une.

«Ça marche, le country, parce qu'on est très près de nos gens. Moi, je vais les voir pendant le ''break'', pour jaser et signer des autographes. Je reviens aussi à la fin et je ne compte pas mon temps», fait remarquer Paul Daraîche, en substance.

Il se prêtera de nouveau à ce rituel aujourd'hui, à l'occasion d'un spectacle donné au restaurant Chez Georges de Chicoutimi. Comme il affiche complet, ceux qui aiment ses compositions truffées d'humanité, livrées avec sa voix joliment rugueuse, feraient bien de surveiller ce qui se passera après les Fêtes, alors qu'une grande tournée se mettra en branle.

«Je ferai toutes les grandes salles et c'est sûr que je reviendrai dans votre région (un premier engagement le mènera à la Salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini, le 23 mars). Chaque soir, cinq des artistes qui figurent sur le disque seront à mes côtés. On fera notre duo, puis deux autres tounes, et je m'occuperai du reste», indique Paul Daraîche.

Les moyens déployés à cette occasion n'auront aucune commune mesure avec le dénuement qui l'a accompagné à ses débuts, dans les années 1960. «Pendant dix ans, on a travaillé pour le gîte et le couvert», note le chanteur. Patiemment, lui et sa soeur Julie ont prêché la bonne nouvelle dans les régions du Québec, y compris au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

C'est ainsi que des liens solides ont été tissés, parfois au fil d'épisodes rocambolesques, comme la fois où le Gaspésien a interprété sa version de Lumberjack, un titre de Hal Wallis, au bar Le Charivari de Mistassini. C'était la pièce favorite d'un gars de la place, Paulin Paquet, qui a ajouté un effet spécial de son cru.

«Un soir, je l'ai vu arriver dans le bar avec sa scie mécanique. Pendant que je chantais, il est allé sur la piste de danse et il a parti sa machine. Ça a fait de la boucane et tout le monde est sorti. On n'a pas pu revenir avant une quinzaine de minutes», raconte en riant l'auteur de Rosalie.

L'effet Boulay

Paul Daraîche connaissait une belle carrière, bien que sur un mode underground, jusqu'au moment où l'une de ses fans, Isabelle Boulay, a parlé de lui à la télévision. Il a alors appris qu'elle l'admirait depuis l'âge de 8 ans, ce qui l'a incité à la rencontrer dans les coulisses, après avoir assisté à l'un de ses spectacles.

Cette prise de contact a eu des conséquences imprévues, puisque la chanteuse, Gaspésienne comme lui, l'a invité à partager la scène en plusieurs occasions. Elle a également repris À ma mère sur un album qui a cartonné en Europe, ainsi qu'au Québec.

Un autre admirateur, Mario Pelchat, était allé le voir après un spectacle présenté dans le Haut-du-Lac. Toujours adolescent, il avait cuisiné son aîné à propos de la carrière de chanteur, souhaitant obtenir quelques clés qui lui permettraient de réaliser son rêve à lui.

Le destin les a réunis à la faveur d'une émission de télé, Chaîne d'artiste, alors que le Jeannois était devenu une grosse pointure du show-business québécois. Ont suivi l'album Quand le country dit bonjour, volume 2, ainsi qu'une longue tournée, prélude à l'enregistrement de Mes amours, mes amis.

On connaît la suite: des duos ont été produits avec 15 collègues, des gens comme Lynda Lemay, Hugues Aufray, Dick Rivers, Patrick Norman, Marc Hervieux et Richard Desjardins. À chaque fois, les deux interprètes étaient présents dans le studio, ce qui tranche avec l'habitude qu'ont certains de travailler à distance.

Si aguerri soit-il, Paul Daraîche n'en revient pas de la collaboration offerte par ses pairs. «Dick Rivers, c'est tout un numéro, commente l'artiste. J'ai été à Paris et à Toulouse pour chanter avec lui, mais lors du lancement effectué à Saint-Tite, cet automne, c'est lui qui est apparu sur la scène, alors que j'attendais Mario. On l'avait caché.»

Un autre qui l'a impressionné est Hugues Aufray, qui a profité de son passage aux Francofolies de Montréal pour refaire Stewball. L'homme affichait une forme insolente, du haut de ses 84 ans. Comme on peut l'entendre sur le disque, sa voix n'avait pas pris une ride, non plus que sa mémoire.

Plus de détails dans le Quotidien//

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