Hommage à Bill Evans

Un quatuor de choc au Côté-Cour

Bill Evans fut l'un des grands pianistes de jazz de l'après-guerre. Son jeu... (Courtoisie)

Agrandir

Courtoisie

Partager

Sur le même thème

Daniel Côté
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Bill Evans fut l'un des grands pianistes de jazz de l'après-guerre. Son jeu empreint de sensibilité, à mille lieues des effets pyrotechniques qu'affectionne une frange de la confrérie, lui permettait de métamorphoser des standards du répertoire en leur conférant un supplément d'âme.

Ce musicien était si unique qu'on pouvait s'interroger sur la sagesse des Québécois François Bourassa (piano), Frank Lozano (saxophone), Michel Donato (contrebasse) et Pierre Tanguay (percussions) lorsqu'ils ont monté un spectacle consacré à son oeuvre. Comment lui rendre justice, alors que tant d'enregistrements perpétuent la mémoire du maître?

Pour comprendre à quoi rime ce projet né il y a deux ans et dont l'une des dernières manifestations aura lieu vendredi à 20h30, au Café-Théâtre Côté-Cour de Jonquière, il faut savoir que l'un des participants, Michel Donato, a déjà joué avec Bill Evans. Il a ainsi apprivoisé le modus operandi du pianiste, dont les complices devaient être particulièrement alertes.

«Michel connaît cette affaire-là, puisqu'il a passé une semaine avec lui, a raconté Pierre Tanguay hier, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Evans ne disait jamais ce qu'il était pour jouer et une fois la pièce commencée, il pouvait changer de clé, de tempo, deux ou trois fois sans avertissement. Il n'y avait pas de signe particulier pour indiquer aux autres que ça s'en venait. C'était à eux de voir à quel moment ils entreraient.»

Le percussionniste trace un parallèle avec les soirées folkloriques, où différentes personnes ajoutent leur couleur à une interprétation sans que tout soit codifié. Il note qu'en jazz, cette façon de faire tend à se perdre, puisque le passage des musiciens dans les écoles rend les choses plus formelles.

La force du groupe

L'autre solution préconisée par le quatuor, afin de résoudre l'énigme Evans, consiste à miser sur la force du groupe. Chacun étant solide à sa position, les arrangements ne sont pas obstinément centrés sur le piano, comme on pourrait le croire.

«François est fabuleux, mais n'a jamais pensé qu'il avait une responsabilité particulière parce que c'est le groupe qui doit amener la sensibilité propre à Bill Evans. Chacun ayant sa couleur, c'est d'abord la personne, plutôt que son instrument, qui est intégrée dans les interprétations», décrit Pierre Tanguay.

Cette formule a tellement plu qu'une cinquantaine de spectacles ont été donnés au Québec, au Canada anglais, au Mexique, aux États-Unis et en Europe. Amorcée à l'été 2011, au Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, cette fabuleuse séquence prendra fin à Jonquière, ou presque, puisqu'il ne reste que trois rendez-vous au calendrier.

Le quatuor a aussi enregistré un album, Autour de Bill Evans, dont quelques extraits seront livrés vendredi. Au fil des soirées et des répétitions, il a étoffé son répertoire, qui lui permettrait de sortir trois autres disques sans broncher. «La chimie est vraiment bonne», souligne le percussionniste.

Lui qui est familier avec le Côté-Cour a hâte d'y proposer des pièces comme The Touch Of Your Lips et The Days Of Wine And Roses, ainsi que le Everything I Love de Cole Porter. «On sait par quoi on commence et par quoi on finit. Entre les deux, il y a plein de choses qui peuvent arriver», fait observer Pierre Tanguay.

Partager

publicité

publicité

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer