Véritable personnage historique, le baron de Münchausen aura laissé dans la culture populaire un souvenir plutôt amusant. Réputé pour avoir magnifié de façon surréaliste ses récits en tant que mercenaire, Münchausen aura prétendu avoir voyagé sur la lune et même, avoir survécu au Kraken, un monstre marin mythique. D'ailleurs, la prémisse de Münchausen débute alors que le théâtre Gallimard& Fils présente une oeuvre racontant les aventures du fameux baron. Or, le vrai Münchausen surgit de l'auditoire et impose à la troupe de comédiens sa version à lui de ses péripéties. Il amènera ainsi Sarah, la fille du propriétaire du théâtre Gallimard& fils, dans un périple défiant toute logique.
Il faut savoir que le premier ouvrage littéraire ayant relaté les aventures du baron de Münchausen a donné vie à cinq productions cinématographiques dont la version de l'ex-Monty Python Terry Gilliam et celle du père du cinéma fantastique, Georges Méliès. Ce n'est donc pas un hasard si l'adaptation du Théâtre Tout à Trac adresse de nombreux clins d'oeil à ces oeuvres. Il n'y a qu'à penser aux multiples effets spéciaux tels que les poissons géants suspendus à des cordes et les habits colorés des personnages qui rappellent avec amusement le long-métrage de Gilliam.
Bien entendu, les récits de Münchausen sont si divertissants que le Théâtre Tout à Trac est demeuré très fidèle à ceux-ci et du même coup, la magie opère tout au long de la pièce. On suit aveuglément ces aventures hors de l'ordinaire bien que l'on sache qu'aucune d'entre elles ne comporte, ne serait-ce qu'un minimum de bon sens. En fait, tout est dans l'art de les raconter et de toute évidence, le metteur en scène Hugo Bélanger a gardé cette idée en tête. Non seulement la scénographie est hallucinante et nous entraîne dans cet univers fantastique, mais le jeu des comédiens est tout simplement contagieux. À cet effet, l'interprète mystère qui tient le rôle du baron de Münchausen incarne avec brio le personnage.
D'une durée de deux heures, Münchausen, les machineries de l'imaginaire ne compte aucun temps mort et jusqu'à la fin, la production tient son public en haleine. À l'image de cette édition du FIAM, on s'émerveille, on rit, on est parfois ému et on s'étonne de la mécanique entourant le spectacle. Il y aura une dernière représentation aujourd'hui à 10h à la Salle François-Brassard. Il est conseillé aux amateurs de sensations fortes d'y assister sans faute!