Visiblement heureux de l'édition 2012, Éric Chalifour s'est livré à un rapide bilan de ces deux semaines de festivités. L'unique élément qui n'aura pas été favorable à l'égard de l'événement aura été de nature incontrôlable. «La plupart des spectacles en salle affichaient complet. On a eu de nombreux commentaires positifs à propos de l'ambiance et de la programmation. En fait, le seul petit aspect négatif de cette édition, c'est la température qui n'a pas toujours été de notre côté, mais pas à un point où cela a nui au bon déroulement du festival.»
Le FIAM aura grandement misé sur le spectacle en plein air La quête du dragon. La marionnette aux dimensions extravagantes aura suscité de multiples attentes et heureusement, celles-ci auront été à la hauteur. Bénéficiant d'une mise en scène comportant notamment des acrobates ainsi que des effets pyrotechniques, La quête du dragon aurait pu subir la cruauté de Dame nature, mais ce n'est qu'une représentation sur sept qui aura été annulée. Bien qu'il soit difficile de fournir un chiffre précis, les organisateurs du FIAM évaluent à 12 000 le nombre de spectateurs s'étant déplacés afin d'y assister. En moyenne, c'est donc 2000 personnes qui se seront rendues au parc de la Rivière-aux-Sables à chaque représentation du Dragon.
Comme ce spectacle à grand déploiement aura nécessité une aide gouvernementale significative afin de voir le jour, on devine qu'un tel succès auprès du public ne fera qu'encourager les organismes à continuer en ce sens. «Ils ont réalisé que nous avions une force artistique et que nous étions des gens sérieux qui allaient au bout de leurs projets, d'avancer Chalifour. Il faut savoir que nous avions ces projets en tête depuis très longtemps et bien entendu, nous en sommes déjà à souhaiter la phase deux du Dragon. On croit qu'on pourra faire grandir ce projet pour l'édition 2014. Nous avons l'intention de lui fournir un corps et une queue. Une chose est certaine, le dragon va perdurer et nous ne le mettrons pas dans un garage pour le vendre à l'encan!»
Du côté des spectacles payants, Chalifour pouvait bien afficher une mine satisfaite, car la sélection de productions qu'il avait concoctée a su trouver un auditoire au-delà de ce qu'avait projeté l'organisation. «À mi-chemin de cette édition, nous avions déjà atteint les résultats de l'année 2010, de mentionner Chalifour. Au cours de la deuxième semaine, la fréquentation en salles s'est poursuivie avec succès. Le fait d'avoir autant de premières a certainement contribué à cet enthousiasme des festivaliers.»
Parmi les spectacles ayant eu droit à une grande première lors du FIAM, deux compagnies régionales, La Tortue Noire et le Théâtre à Bout Portant, ont répondu à l'appel. Chalifour voit une occasion unique pour elles de propulser leurs oeuvres. «Le but n'est pas de programmer des spectacles qui ont été présentés 200 fois au Québec, mais d'offrir aux gens des nouveaux trucs. C'est parfois un risque, mais ça fait partie du jeu et ça permet aux artistes de faire connaître ses créations auprès d'autres collègues qui peuvent les conseiller et les guider dans le raffinement de celles-ci.»
Jmartel@lequotidien.com