Lui qui faisait dans la pop lyrique, comme l'illustrent ses deux premiers CD, Il tempo et Hymnes à la beauté du monde, a emprunté une tangente big band à compter de 2010. Des spectacles de cette nature, offerts sur le marché corporatif, ont permis au Béginois d'apprivoiser un répertoire tantôt jazz, tantôt latino, tantôt crooner, et d'y trouver du plaisir.
« Ce sont des classiques des années 1940 et 1950 que j'aime m'approprier, en compagnie d'un orchestre formé de 16 musiciens. J'ai donc voulu rester dans ces sonorités quand est venu le temps de préparer l'album. Malgré le changement d'orientation, je n'ai pas l'impression d'avoir pratiqué un virage à 180 degrés », affirme le chanteur.
Il vante le directeur musical Guy St-Onge qui a assuré une forme de continuité en intégrant des cordes aux arrangements, clin d'oeil à l'ampleur sonore qui caractérisait les premiers disques. C'est dans son studio à l'acoustique remarquable, niché dans le minuscule village de Saint-Calixte, que les nouvelles pièces ont été enregistrées.
« Guy abordait chaque pièce comme s'il s'agissait d'une petite scène. On aurait dit qu'il avait une idée de clip dans la tête, ce qui me plaît parce que j'aime le cinéma. C'était fou de le voir travailler et j'ai apprécié le fait qu'à chaque fois, il recherchait mon approbation. Je me suis senti respecté », confie Michaël.
Hommage à Joselito
La polyvalence acquise au sein de la troupe Québec Issime, ainsi que dans des productions de la Société d'art lyrique du Royaume telles que Miss Saigon et Les Pirates de Penzance, a aidé Michaël à se mouler à son nouveau répertoire. « Ça s'est fait naturellement, puisque je suis assez flexible, dit-il. J'ai été à l'essence de ce que l'interprétation devait être. »
Ainsi a-t-il abordé avec toute la « coolitude » nécessaire la pièce titre de l'album, écrite et popularisée par Sacha Distel. Simultanément, l'artiste s'est autorisé quelques incursions dans le répertoire latin, ce qui ne l'a pas empêché de reprendre La mer de Trenet, ou le Caroline de Neil Diamond.
Ça prenait de l'assurance pour assumer ces atmosphères très différentes, par rapport aux albums qui ont fait sa réputation. Maintenant âgé de 32 ans, Michaël sait comment mener sa barque, tout en appréciant l'appui d'un nouveau partenaire, Les Productions Pierre Gravel. « J'ai une équipe qui croit en moi », résume-t-il.
C'est ce groupe qui a pris la relève de Joselito Michaud, son premier gérant. Celui-ci a compté pour beaucoup dans les succès du début. Il lui a fait vivre des expériences fortes, comme d'enregistrer au studio Abbey Road, celui des Beatles, de Pink Floyd et de Kate Bush. Ou de rencontrer des paroliers de la trempe d'un Daniel Bélanger.
« Joselito m'a donné la chance de vivre des trucs impossibles. Notre association a pris fin en 2010 parce qu'il voulait se consacrer à sa carrière, mais nous sommes restés en bons termes », fait observer Michaël.