La chanteuse souhaitait que son deuxième album, Le Royaume, constitue un antidote à la grisaille ambiante. Elle a écrit des textes et des musiques qui correspondaient à cette ambition, ce que reflète la pochette aux motifs fleuris sur laquelle la jeune femme tient une colombe dans ses mains.
Il émane de ses compositions une atmosphère positive, voire carrément joyeuse, à laquelle le public s'est montré sensible dès la sortie du CD, en avril. Mais encore fallait-il que cette vision soit authentique, qu'on aille au-delà de l'image «cute», d'où le travail qu'Amylie a effectué sur elle-même.
«J'ai pris l'engagement d'incarner ce que je prône, de me rapprocher de ma vision des choses. Je crois que ce que nous faisons doit se refléter à l'intérieur de nous, a-t-elle expliqué hier, lors de son passage au journal. Il s'agit, en gros, d'identifier ce qu'il y a de beau dans son environnement et de s'en inspirer.
Tout en reconnaissant que ça ne vient pas tout seul, surtout lorsqu'on a quitté Mascouche pour s'établir à Montréal, Amylie donne l'exemple de ses voisins, qui vivent plein de petites joies n'ayant rien à voir avec la corruption, les viaducs usés ou le recul du français. «Si on demandait à ma rue comment elle va, ça ferait beaucoup de bonnes nouvelles», confie-t-elle.
Une ambition récompensée
L'enregistrement de l'album a eu lieu en août 2011. Pendant un mois, pas un jour de plus, Amylie et son complice, Antoine Gratton, ont fait de chaque séance un événement, un moment de bonheur, ce qui a coloré l'ensemble du projet. Ils avaient été très ambitieux, pourtant, ne serait-ce qu'en mobilisant deux quatuors de musiciens classiques.
«Nous voulions expérimenter avec ça et le recrutement s'est fait assez vite. On se restreint beaucoup, dans la vie, et je voulais enlever les barrières», note la chanteuse. Malgré son ampleur, le projet a pris forme sans accroc. Les séances ont été si harmonieuses que l'artiste a écrit plein de textes dans les semaines qui ont suivi. Elle était sur une lancée.
Quatre années ont séparé cet enregistrement de la création du premier album, dont les arrangements avaient un caractère minimaliste. Ce fut suffisant pour modifier la voix de l'artiste, qui demeure son instrument favori. Parce que la femme timide qui faisait connaissance avec l'industrie du disque a pris de l'assurance, entre-temps. «J'avais peur de m'assumer», admet Amylie.
Pour mesurer ses progrès, il suffit d'écouter les nouvelles pièces, où filtrent ses goûts musicaux. Elle qui fonctionne à l'instinct s'est inspirée des artistes qui font partie de son univers, des gens comme Ella Fitzgerald et Harry Belafonte, lors de la conception du Royaume. C'est ainsi qu'on décèle une ambiance rétro dans les chansons.
Motivée par le succès que connaît l'album, Amylie prépare doucement le spectacle qui lui prêtera vie. Quelques sorties ont eu lieu cet été, mais c'est seulement après les Fêtes qu'une tournée couvrira l'ensemble du Québec. «Il faut harmoniser les ambiances des deux disques, les orchestrations comme les énergies», résume l'artiste.