Andrée Watters ne laisse aucun doute

Andrée Watters a fait la preuve que son... (Le Quotidien, Mariane St-Gelais)

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Andrée Watters a fait la preuve que son virage country n'était pas du chiqué, hier soir, devant plusieurs milliers de personnes rassemblées sur la zone portuaire de Chicoutimi.

Le Quotidien, Mariane St-Gelais

Daniel Côté
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Un spectacle gratuit, de la musique country, du temps doux , Ladies Of The Canyon , Andrée Watters et une demi-lune coincée entre deux nuages plus décoratifs que menaçants : faut-il s'étonner de la présence de plusieurs milliers de personnes hier soir, sur la zone portuaire de Chicoutimi ?

La densité était moindre que samedi, lors du passage de Plume, mais il y avait beaucoup de monde ayant le goût d'entendre de la « slide guitar » et de se faire raconter des histoires qui ne finissent pas toujours bien. Une belle foule pour un programme relevé où le country au féminin a montré qu'il pouvait concilier tradition et modernité.

Premières à se lancer à 20 h, à un moment où les fans continuaient d'entrer sur le site, les trois filles de Ladies Of The Canyon ont vite fait monter la température. Sur Give It Again, une pièce portée par un beat entraînant, on a vu qu'elles savaient chanter à l'unisson. Follow Me Down a poursuivi sur cette lancée, un brin plus rapidement, avant l'interprétation d'un troisième titre plus rock encore, livré avec aplomb. Rendus là, on était plus près des Stones que de Shania Twain.

Les filles parlent peu, juste ce qu'il faut pour établir le contact. On a quand même appris qu'elles préparaient un nouvel album et qu'il comprendrait la chanson Dear John, une jolie ballade aux accents tristounets. On les préfère un brin baveuses, cependant, comme sur No Deliverance, un brûlot country rock faisant penser à un train qui fonce dans la nuit.

On ne juge pas un livre à sa couver ture, chantait Bo Diddley, et on ne devrait pas évaluer un groupe à partir d'une pochette d'album. Celle de Haunted Women, le premier opus de Ladies Of The Canyon, est « cute » avec toutes ces jambes, ces longs cheveux et ces vêtements baroque'n roll. L'image est belle, mais ce qu'on a entendu hier était encore mieux.

Conversion réussie

Andrée Watters avait aussi des choses à prouver, elle qui vient d'abandonner la filière pop au profit du country. Bien sûr que c'est dans l'air du temps, mais la jeune femme n'a eu besoin que d'une chanson, Émerveille-moi, pour montrer à la foule qui croissait à vue d'oeil qu'elle avait fait ses devoirs.

Un peu de violon, des guitares et l'histoire d'une femme inquiète de voir son homme se fondre avec les murs : c'était un bon véhicule pour la chanteuse qui se déhanchait, dansait, tapait du pied avec ses bottes noires tout ce qu'il y a de plus cowboy. L'expérience acquise dans les comédies musicales colorait également sa gestuelle, aussi précise qu'expressive.

Le public a eu droit à un amalgame de reprises et de compositions, dont plusieurs extraits de l'album Country-Rock. Parmi ceux-ci, relevons le plus récent clip, Tu peux m'oublier, sur lequel ont dansé quatre membres de l'École Linda Fortin. Ils étaient bien synchronisés, même avec leur hôtesse, ce qui a incité quelques personnes à les imiter sur le parterre.

Moins pop et plus country, l'habillage du classique de Rod Stewart, The First Cut Is The Deepest, a fait ressortir une autre dimension du talent d'Andrée Watters. Sa voix a laissé filtrer une fragilité qui collait bien au ton de cette ballade indémodable.

Après avoir exploré son répertoire à elle et abordé celui de Laurence Jalbert et France D'Amours, la jeune femme a offert une autre vieillerie, Jolene, lorsque le représentant du Quotidien a quitté la zone portuaire afin de respecter l'heure de tombée.

La moitié de lune était toujours accrochée dans le ciel et la foule, qui recoupait toutes les strates de la pyramide des âges, se laissait bercer par la voix d'Andrée Watters. En une heure à peine, elle avait convaincu tous ceux qui auraient pu émettre des doutes à propos de sa conversion.

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