Et, wow!
Certes, l'assistance n'a pas été à la hauteur des attentes. À peine plus d'un millier de courageux festivaliers dans une enceinte qui peut en accueillir jusqu'à 8000, ça fait vide. Mais leur présence a compensé.
Comme celle des musiciens assumant la première partie de ce programme double.
Car Alain-François et ses trois frères de scène sont tout simplement époustouflants. Tantôt au violon ou à la guitare, tantôt avec des instruments sortis de nulle part, ils dégagent une énergie magique.
À un moment, le leader du groupe saisit une tête de lit et la métamorphose en flûte de pan. Il sait également abuser audacieusement du rythme des tambours ou des boîtes de bois aménagées sur la scène. Il entre en transe et le public suit.
Il incarne le chef d'orchestre, puis lance une blague crue, sans subtilité. Ça fonctionne.
Rares sont ceux qui connaissent les paroles de ses pièces originales, mais la foule saute tout de même. Elle crie et applaudit.
On reconnaît l'homme qui a côtoyé sur les planches les Robert Charlebois, France D'Amour, Kevin Parent et autres Normand Brathwaite de la colonie artistique québécoise.
Il redonne au violon une notoriété qui remonte à l'époque de M. Pointu, comme s'il avait trempé l'instrument dans la fontaine de Jouvence. Et ça, c'est fort.
Bodh'aktan
Peu avant 23h, c'était au tour de Bodh'aktan de nourrir une fête déjà bien amorcée.
Bodh'aktan, c'est essentiellement un mélange de punk rock québécois et de musique celtique. Sept musiciens, des airs infernaux alliant distorsion et accordéon.
En préambule, un long vers de violon agrémenté d'une mise en scène soignée où les pirates découvrent un trésor. Un coffre rempli de bières qu'on distribue généreusement parmi la foule.
Puis, le party reprend de plus belle.
Compte tenu de l'heure de tombée, impossible de décrire le spectacle au-delà de ces quelques éléments. Mais, à en juger à la frénésie qui animait les personnes présentes au moment d'écrire ces lignes, tous les astres étaient alignés pour une veillée des plus intenses.