À la fin des années 80 et au début des années 90, personne ne pouvait ignorer qui étaient les BB. Patrick Bourgeois (chant, guitare, basse et composition), Alain Lapointe (claviers, guitare, basse et chant) et François Jean (batterie) alignaient les «hits». En 1996, le trio a quitté les planches. Chacun a suivi son chemin.
En 2004, le groupe a tenté un retour avec un album et quelques spectacles, sans obtenir le résultat escompté. C'est finalement une prestation aux Francofolies de Montréal, en 2008, qui a relancé la formation, alors que des dizaines de milliers de personnes étaient réunies pour l'occasion.
Patrick Bourgeois admet qu'il a vécu des moments d'angoisse avec le spectacle. «On ne savait pas trop à quoi s'attendre. Mais ça a marché. J'ai pris quatre ou cinq jours pour réfléchir. Je me demandais si je devais fermer définitivement l'histoire des BB sur ce sommet. Mais l'appel du public et l'amour de la musique ont été plus forts. L'appel du coeur a été plus fort que celui de la tête», confie-t-il au cours d'un entretien téléphonique avec Le Quotidien.
«Ça été la bougie d'allumage. C'est ce qui a fait que je me suis remis à l'écriture pour les BB.»
Patrick Bourgeois a écrit huit des textes qui figurent sur l'album Univers, sorti en 2011.
«Je pense que c'est un des meilleurs disques des BB», estime le chanteur. «Il y avait plein de pièges à faire un nouvel album. Mais Fred Saint-Gelais, qui a coréalisé l'album, a su subtilement aller chercher un son sans dénaturer les BB. Ça demeure simple. C'est direct. C'est ça de la pop. Cette musique m'habite.»
Depuis, les choses vont plutôt bien pour le groupe qui se produira à quelque 30 reprises au cours de l'année 2012. Un nombre de prestations semblable à celui de 2011. «Et 2013 s'annonce super bien», confirme Patrick Bourgeois.
En spectacle, les BB qui ont conservé le son analogue des années 80 proposent quelques pièces du dernier album.
«On fait Univers, Je suis à toi et Moi-même, et ça marche à fond. Mais on ne peut pas négliger nos anciennes pièces, surtout en festival. Le spectacle est un feu roulant. On joue tous nos ''hits''«, décrit Patrick Bourgeois.
Ce soir, les spectateurs pourront notamment entendre les Donne-moi ma chance, T'es dans la lune, Loulou, Seul au combat, Snob et Voyou. «Et je n'ai pas baissé la tonalité», ajoute le chanteur.
Si la synergie qui unit les musiciens est demeurée la même au fil des ans, ceux-ci tenaient à faire les choses différemment depuis leur retour.
«Je suis le chauffeur, je roule des fils, je gère... Je suis l'homme à tout faire. On est une petite équipe de rien.»
Le trio voulait éviter de se retrouver dans une situation semblable à celle qu'il a connue il y a quelques années. «Quand tu te fais dire quoi faire, ça te dénature un peu. C'est ce que je déplorais à l'époque. On était un peu figés. C'était trop gros pour des ''ti-culs''. Aujourd'hui, on est en contrôle. C'est ce qui fait qu'on est épanouis. Il n'y a plus de gérant pour nous regarder d'un oeil critique. On a plus de fun encore. Pas de pression.»
Le plaisir est toujours au rendez-vous, même si les musiciens jouent les pièces pour une xième fois.
«C'est comme faire de la moto. Même si ça fait 20 ans, quand tu montes dessus, tu capotes encore.»
La sagesse s'est aussi ajoutée à l'expérience.
«Aujourd'hui, on fait de la musique pour ceux qui nous aiment, pas pour ceux qui ne nous aiment pas. J'ai longtemps voulu plaire à tout le monde. Maintenant, je suis serein. On a rien à prouver, on fait du divertissement», conclut-il.