«Depuis ce temps-là, on a un support incroyable dans la région», constate le bassiste Rob Langlois, qui réside à Arvida. Il en veut pour preuve les incursions de Bodh'aktan aux Grandes veillées de La Baie et, plus récemment, au Festival Dédé-Fortin de Normandin. À chaque fois, le public a embarqué, un phénomène qui devrait se reproduire le 24 juin.
Ce jour-là, le groupe sera présent au Vieux Port de Chicoutimi. Il suivra une formation d'ici, le Québec Redneck Bluegrass Project, qui foulera la grande scène aux alentours de 20h. Fête nationale oblige, Bodh'aktan privilégiera les titres francophones. Il a même préparé quelques surprises.
«On a monté de quoi de spécial. Pour les reprises, on cible des choses qui vont nous chercher dans notre style», explique Rob Langlois. Sans déballer tout son sac, il révèle que La rue principale figurera au programme. La version étrennée récemment, au Festival Dédé-Fortin, est différente de celle des Colocs, tout en comprenant un joli clin d'oeil.
Une autre pièce qui sera jouée à Chicoutimi est Boisson d'avril, de la formation Groovy Aadvark. «Celle-là, on la laisse intacte parce que c'est ce qui nous a éveillés au mariage de la musique rock et du répertoire traditionnel», fait observer le bassiste.
Des chansons accrocheuses
Formé l'année dernière, Bodh'aktan réunit des musiciens aguerris. Ce projet qui est né spontanément, pour permettre à ses membres d'explorer un créneau original, a vite pris une dimension imprévue. Le premier disque s'est bien vendu et comme on l'a signalé tantôt, en parlant des Rythmes du Monde, les spectacles ont mobilisé un public nombreux et varié.
L'aventure s'est même transportée en Europe, à l'automne. Berlin, puis la France et la Belgique, ont développé des atomes crochus avec le groupe. Cette dimension internationale, que ses membres n'avaient guère pressentie, pourrait donner lieu à une autre percée en mars. Cette fois, il est question d'une tournée en Australie et au Japon, ainsi qu'à Los Angeles.
Pourquoi cet engouement qui semble transcender les clivages culturels? Difficile à dire, mais Rob Langlois avance un début d'explication. «On forme un groupe festif et rassembleur. On a aussi des «hooks» qui viennent du rock et qui rendent la musique celtique encore plus accrocheuse», analyse le bassiste.
À l'occasion d'une fête comme celle du 24 juin, par ailleurs, il ne faut pas s'attendre à ce que Bodh'aktan livre des messages politiques, sinon très subtilement. Les gars carburent au plaisir de jouer, ce que confirme la présence de sept membres à part entière, un nombre qui est peu compatible avec une vision mercantile.
Comme le précédent, l'été qui commence les tiendra occupés. Une trentaine de spectacles figurent à l'agenda, dont une autre sortie dans la région, le 12 juillet, au Festirame d'Alma. À chaque fois, des gens se demanderont si Marie-Mai, présente sur La ballade de Jonathan Lewis, viendra faire son tour. Partout, la réponse est la même: possible, mais pas certain.
«On ne sait pas quand ça va se produire, mais on l'a invitée à chacun des spectacles de l'été. Marie a dit que c'était sûr qu'elle viendrait une couple de fois», relate Rob Langlois, qui l'accompagne sur scène depuis des années.