Les choses sont allées plutôt rondement pour Johanne Fontaine dès sa sortie de l'école de théâtre. La comédienne a obtenu différents contrats, en jeu comme en animation.
Mais un jour, les appels ont commencé à se faire attendre, les offres étaient de plus en plus rares. Ç'a été le rejet total. Quand ma carrière est tombée, je suis devenue à peu près folle», illustre-t-elle.
Après des épisodes de dépression, à 50 ans, elle décide de se retrousser les manches et de retourner sur les bancs d'école.
«J'ai décidé de devenir coach de vie. J'ai travaillé dans le communautaire, j'ai créé des ateliers de croissance personnelle. Je voulais montrer aux gens qu'à 50 ans, ce n'est pas vrai que la vie est finie», explique-t-elle.
Mais en 2010, à 55 ans, le diagnostic tombe. Elle est atteinte d'un cancer du côlon incurable, avec métastases au foie et à l'estomac. «Selon les médecins, il me restait entre un an et demi et deux ans à vivre. On me faisait de la chimio palliative, pas curative. Je ne pouvais pas être guérie.»
Johanne Fontaine a alors réalisé qu'elle avait le choix de l'attitude à adopter. «J'ai décidé d'aller vers la lumière. J'ai eu la chance de vivre au présent. Le passé et le futur, ça ne voulait plus rien dire pour moi», témoigne-t-elle. «J'ai beaucoup célébré la vie. Quand on m'a dit le temps qu'il me restait, j'ai décidé que je dirais à ceux qui pensent que je suis ''trop'', que c'est eux qui ne sont pas ''assez''. S'empêcher de faire des choses parce qu'on a peur de ce que les gens vont penser, ce n'est pas vivre.»
Pour se libérer de ses angoisses, elle dansait. «Je faisais de l'expression corporelle. Mon corps m'a beaucoup servi. Je suis une personne extravertie, c'est ce qui m'a sauvé.» Un jour, elle en a eu assez du sac qu'on lui avait installé. «Je l'ai fait enlever. C'est là qu'ils ont découvert qu'il n'y avait plus de cancer! C'était en 2011.»
Johanne Fontaine a surmonté l'impossible. Du moins, selon les pronostics des médecins. Aujourd'hui, elle dit qu'elle est guérie. Les médecins, eux, parlent de rémission.
Inutile de dire que la conférence qu'elle avait mise sur pied avant la maladie a pris une tout autre valeur.
«Le cancer a été un cadeau dans ma vie, car il a donné de la crédibilité à mes propos. Ç'a vachement bonifié ma conférence. C'est devenu le noeud de la conférence. Tout est devenu encore plus vrai.»
Ses propos touchent autant les individus que les entreprises. La conférencière sait s'adapter. «Je demande aux gens c'est quoi leurs valeurs, leur mission, comme individu ou entreprise», décrit-elle.
«Il faut réfléchir au comportement à adopter. Dans la vie, on a le choix de l'attitude.»