Cette fois-ci, les interprètes seront mobilisés du 10 au 18 juin, alors qu'ils se produiront en huit occasions. Leur sprint commencera le 10 juin à 14 h, à Saint-Stanislas. Pas du genre à compter ses pas, le groupe remettra ça le soir même, à 19 h, dans la charmante communauté de Saint-Henri-de-Taillon.
« C'est une idée que j'avais eue en voyant un reportage consacré à l'avenir des églises. J'ai tracé un lien avec le fait que nous jouons souvent dans des lieux où il n'y a aucune acoustique et j'ai conçu ce projet «, raconte l'une des participantes, la flûtiste Aline Guérin.
Les premières éditions de la tournée lui ont donné raison. Le Quatuor Gardel a fait de belles découvertes, comme la chapelle Saint-Cyriac, à Lac-Kénogami. Il a tellement aimé le son que produit ce bâtiment en bois qu'un nouveau concert y a été présenté dans la période des Fêtes. Depuis, on y offre une riche programmation qui, d'ordinaire, fait salle comble.
Un autre lieu qui a produit une forte impression est la chapelle des Soeurs du Très Saint Sacrement, située au centre-ville de Chicoutimi. « L'acoustique est extraordinaire et quand on regarde l'intérieur de cette église, on se croit en Italie «, s'émerveille Aline Guérin.
Des visites appréciées
Le Quatuor Gardel, qui comprend également l'altiste Bruno Chabot, le guitariste Denis Morissette et le contrebassiste Mathieu Boily, a monté un programme qu'on peut qualifier d'éclectique. Du classique façon moderne avec Ravel et Debussy, du tango par le truchement de Piazzolla et Gardel, ainsi qu'une touche progressive amenée par le Paul Winter Consort.
La présence d'une composition de ce groupe, Icarus, n'est pas aussi incongrue qu'il n'y paraît, explique Aline Guérin. « C'est plaisant parce que la construction des oeuvres était plus élaborée dans les années 1970. Il y avait de la couleur «, énonce-t-elle.
L'adaptation de ce titre a été conçue par Bruno Chabot. C'est un exercice auquel doivent s'adonner tous les membres du Quatuor Gardel, puisqu'ils aiment s'attaquer à des compositions écrites pour des formations plus imposantes. On réalise pourquoi ils se définissent comme « le petit véhicule des grandes oeuvres «. Ce n'est pas juste un slogan.
La nouvelle tournée les mènera à Saint-François de Sales (12 juin, à 19 h), à Jonquière (13 juin à 19 h, à Saint-Dominique), à l'église Sainte-Anne de Chicoutimi-Nord (14 juin), à Saint-Félix D'Otis et Saint-Alphonse de La Baie (17 juin, à 14 h et 19 h), ainsi qu'à Saint-Ambroise (18 juin, à 19 h). À chaque fois, l'entrée sera gratuite, mais on passera le chapeau.
« L'assistance varie entre 70 et 120 personnes. Plus les villages sont éloignés et plus il y a de monde, fait remarquer Aline Guérin. Les gens sont heureux de constater que les artistes se déplacent. D'habitude, c'est eux qui doivent le faire pour voir des artistes. «
Le public apprécie également les interventions de l'historien Éric Tremblay. Dans chaque communauté, il évoque les caractéristiques de l'église, les faits qui ont marqué la vie de la communauté. « Il livre quatre ou cinq capsules et, souvent, ça crée une interaction avec les spectateurs, rapporte Aline Guérin. On voit qu'ils aiment ça. «