L'auteur-compositeur-interprète était de passage au Théâtre du Palais municipal de La Baie, hier soir. Les quelque 800 personnes qui s'étaient déplacées pour l'occasion n'ont pas manqué leur chance d'assister à l'un des rares spectacles de l'artiste qui aura bientôt 78 ans.
Jean-Pierre Ferland a pris sa retraite du monde artistique en 2007, mais reprend le micro de temps à autre avec grand plaisir. «Une fois de temps en temps, j'ai une rechute, a-t-il lancé au public en riant. Quand on est à la retraite, on pense beaucoup aux meilleurs moments de notre carrière, au plaisir qu'on avait... Quand on m'a appelé pour me demander d'aller à La Baie, je n'ai pas pu dire non.»
Le monument de la chanson québécoise qui cumule plus de 50 ans de carrière a rapidement séduit son public, dès les premiers moments du spectacle. «Ah! Les femmes sont là, ça fait donc changement, a-t-il laissé tomber, le sourire en coin. Mais ce qui fait vraiment changement, c'est que les hommes viennent maintenant. Avant, ils ne venaient pas, ils étaient jaloux... Ils ont attendu que la face me tombe!»
Jean-Pierre Ferland a chanté ses plus grands succès dans son spectacle Une chance qu'on s'a, accompagné de cinq musiciens et de trois choristes, avec qui il avait développé une belle complicité. Son public, qui a vieilli avec lui, et qui était majoritairement féminin, a applaudi chaudement entre autres après Quand on aime on a toujours 20 ans, T'es belle, Le petit roi, Une chance qu'on s'a, Qu'êtes-vous devenues mes femmes. L'artiste en a aussi profité pour interpréter certaines pièces moins connues, dont une en anglais, qui a aussi été appréciée par le public.
Plaisir communicatif
Le grand charmeur avait visiblement du plaisir à fouler à nouveau les planches de la scène. Très généreux avec son public, il n'hésitait pas à raconter les anecdotes qui se cachent derrière l'écriture de certaines chansons. Il n'hésitait pas non plus à interrompre l'élan des musiciens pour ajouter un commentaire au grand plaisir du public, avant de reprendre sa chanson avec enthousiasme. À d'autres moments, au gré de son humeur, il commandait certaines chansons à ses musiciens qui enchaînaient sans tarder.
L'artiste a même improvisé un duo avec Marie-Ève Tremblay, une artiste qui a participé à plusieurs spectacles de Québec Issime. Il l'avait rencontrée plus tôt dans la journée. «Mon batteur, qui vient d'Alma, m'avait parlé de Marie-Ève en me disant qu'elle est une grande fan et qu'elle connaît toutes mes chansons par coeur», a-t-il dit. Spontanément, tout sourire, il l'a fait monter sur scène, est allé lui chercher un micro et l'a invitée à chanter avec lui.
Ferland aura réussi à créer une ambiance intimiste, digne d'un cabaret, tellement il communiquait avec son public. Au moment de quitter la salle, heure de tombée oblige, la soirée suivait son cours dans la même ambiance. Gageons que les personnes présentes se souviendront longtemps de leur spectacle.