Pascal Girard dessine son succès !

Le bédéiste Pascal Girard en est à sa... (Photos Étienne Fortin-Gauthier)

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Le bédéiste Pascal Girard en est à sa deuxième visite dans la Ville Reine. L'an dernier, il avait quitté Toronto avec le prix de la meilleure bande dessinée au pays pour son ouvrage racontant les tribulations d'un adolescent à la recherche d'un mystérieux sasquatch dans les monts Valin.

Photos Étienne Fortin-Gauthier

Étienne Fortin-Gauthier
Le Quotidien

(TORONTO) Le bédéiste d'origine jonquiéroise, Pascal Girard, est considéré comme l'un des dessinateurs canadiens les plus talentueux de sa génération. Ses histoires presque toutes saguenéennes font le tour de l'Amérique et de l'Europe, en plus d'être traduites en anglais et en espagnol.

«Il y a le Saguenay dans chacun de mes bouquins. Ici, c'est l'École secondaire Kénogami, là c'est le p'tit St-Do, plus loin il y a le bar Triple Sexe», confie Pascal Girard, en feuilletant rapidement les pages de son livre Jimmy et le Bigfoot. Le Quotidien l'a rencontré cette fin de semaine à Toronto pendant le Comics Art Festival, la plus grande exposition au pays dédiée entièrement à la bande dessinée.

Le bédéiste en est à sa deuxième visite dans la Ville Reine. L'an dernier, il avait quitté Toronto avec le prix de la meilleure bande dessinée au pays pour son ouvrage racontant les tribulations d'un adolescent à la recherche d'un mystérieux sasquatch dans les monts Valin. «Je voulais un livre où je pourrais dessiner les décors du Saguenay qu'on ne voit pas très souvent dans des bandes dessinées», explique Pascal Girard, qui a pris des dizaines de photos de lieux de Chicoutimi et Jonquière pour les intégrer dans l'aventure.

Son tout dernier livre, Conventum, se déroule en partie dans la région. «C'est l'histoire d'un homme qui retourne à son conventum d'école secondaire. Disons que ça se déroule assez mal pour lui. Les malaises me font rire et il y en a beaucoup dans ce livre!», confie l'auteur, qui a fréquenté l'École secondaire Kénogami et qui avoue s'être entre autres choses inspiré de sa propre soirée de retrouvailles pour le récit qui se déroule au lac Pouce.

Autodidacte

Né à Jonquière en 1981 et diplômé du baccalauréat interdisciplinaire en arts de l'Université du Québec à Chicoutimi, Pascal Girard ne se destinait pas à une carrière de bédéiste. Autodidacte, il commence à dessiner au début de la vingtaine et améliore lentement son art. «J'ai commencé en faisant des petits dessins sur des feuilles brochées que je donnais ou vendais pour 2 ou 3 $ à la boutique de bandes dessinées Jiix à Chicoutimi», raconte Girard.

De fil en aiguille, son travail se retrouve entre les mains d'éditeurs qui craquent pour ses personnages et qui le publient pour la première fois en 2006. Depuis, ses titres se sont retrouvés sur les tablettes de librairies des deux côtés de l'océan Atlantique, en plus d'être traduits en anglais et en espagnol. «Ça a été plus vite que je pensais», avoue-t-il.

À travers ses différentes bandes dessinées, Pascal Girard s'intéresse entre autres choses au deuil, à la découverte de l'amour et à la solitude. Des thèmes qui rejoignent un public plus mature, dont bon nombre d'adultes. Il constate que ses histoires sont reçues de manière différente selon le pays d'origine de ses lecteurs. Ses personnages simples, parfois antihéros, charment le public anglophone.

Pascal Girard planche actuellement sur une nouvelle histoire qui prend place dans le quartier Mile-End à Montréal, où il habite maintenant. Mais le Saguenay n'est jamais très loin dans son esprit. «Je voudrais faire un livre sur mon grand-père, qui est bûcheron, et qui vivait à Saint-Ambroise. Ce sera encore un livre sur le Saguenay. J'aime le Saguenay», dit ce maître du neuvième art dont les aventures sont à surveiller.

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