Une pionnière de la danse décède

Simone Murray-Boivin compte parmi les pionnières de la... (Courtoisie)

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Simone Murray-Boivin compte parmi les pionnières de la danse.

Courtoisie

Daniel Côté
Le Quotidien

(SAINT-BRUNO) Simone Murray-Boivin est partie sur la pointe des pieds, le 16 mars, à la suite d'une longue maladie. La discrétion qui a entouré son départ tranche avec le profil qui fut le sien pendant près de 40 ans, à titre de pionnière de la danse au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cette dame fut infatigable, en effet, dans sa volonté d'enseigner ce mode d'expression aux jeunes de la région.

L'une de ses anciennes élèves est France Proulx, elle-même fondatrice du Prisme culturel. Au fil d'une entrevue réalisée hier, elle a évoqué ses débuts aux côtés de Simone Murray-Boivin. De simple étudiante, la Jeannoise a franchi toutes les étapes avant de pouvoir donner des cours en compagnie de son professeur.

«J'ai longtemps enseigné pour elle. C'est une personne qui avait beaucoup de ténacité, qui était à la fois exigeante et intègre. Elle mettait sur le même pied les enfants des ouvriers et ceux des industriels et elle a connu l'époque héroïque, alors qu'on partait en voiture pour former des gens à L'Anse-Saint-Jean comme à Dolbeau. Je la considère comme mon mentor», a confié France Proulx lors d'une entrevue accordée au Quotidien.

De l'anglais au ballet

Originaire de Matane, Simone Murray-Boivin est arrivée au Saguenay, plus précisément à Arvida, en 1946. Elle était professeure d'anglais, mais détenait également un diplôme en gymnastique artistique, ce qui l'a incitée à dispenser des cours dans ses temps libres. Même si c'était mal vu de pratiquer la danse, en cette ère d'austérité religieuse, son goût pour le ballet l'a amenée à fonder sa première école en 1952.

Cette institution baptisée La Chorégraphie Classique a vite déployé ses ailes. Elle a couvert tout le Saguenay-Lac-Saint-Jean, quitte à composer avec des conditions pas toujours adéquates, comme le mentionne France Proulx. «Il y a des endroits où on donnait des cours sur un plancher de ciment. Il fallait adapter l'enseignement», se souvient-elle.

Devenue l'École de danse Simone Murray-Boivin, La Chorégraphie Classique ne s'est pas contentée d'initier des jeunes au ballet. Plusieurs de ses élèves ont elles-mêmes fait carrière dans le domaine, ainsi que le démontre le parcours de femmes comme Madeleine et Raymonde Tremblay, du Collège des Ballets de Jonquière, Pierrette Genest, du Studio Arabesque d'Alma, et Suzanne Maltais-Gagnon, de l'École de danse SMG.

France Proulx, qui fait évidemment partie de ce groupe, ajoute que Simone Murray-Boivin fut associée pendant 15 ans à l'Académie des Grands Ballets Canadiens, dont les cours d'été ont été fréquentés par ses protégées. Elle est demeurée active jusqu'à la fermeture de son école, dans la deuxième moitié des années 1980.

Ensuite vint la retraite, couronnée par son déménagement dans la région de Trois-Rivières, où elle est décédée à l'âge de 92 ans. Il sera possible de lui rendre hommage vendredi, à compter de 19h, en se rendant à la Résidence funéraire Gravel et fils de la rue Bégin, à Chicoutimi. Quant aux funérailles, elles auront lieu samedi à 14h, en l'église Notre-Dame-de-Grâce de Chicoutimi.

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