Angélique Kidjo en ouverture du FIRM

Frissons sur la Racine

Angélique Kidjo a charmé le public, nombreux, qui... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

Agrandir

Angélique Kidjo a charmé le public, nombreux, qui a assisté à son spectacle hier soir, au centre-ville de Chicoutimi.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

«Tantôt, la toune, a m'a donné des frissons», a confié un homme hier soir, en s'adressant à une personne de sa connaissance.

Squattant un petit bout de la rue Racine, pas loin de la cathédrale de Chicoutimi, il venait d'entendre la tête d'affiche du Festival international des Rythmes du Monde, Angélique Kidjo, livrer une version décoiffante, à la fois moderne et respectueuse, de la chanson Pata pata. On ne peut plus juste, son commentaire saisi sur le vif valait toutes les analyses.

C'est arrivé un peu après 22 h, alors que l'artiste originaire du Bénin occupait la scène depuis une cinquantaine de minutes. Elle avait eu le temps de développer une belle complicité avec le public, nombreux, qui célébrait le retour du festival pour une 13e édition.

Très attendue en raison de sa renommée, Angélique Kidjo n'avait pas mis de temps à montrer qu'elle n'assurerait pas le service minimum. C'est une grande dame, en effet, mais du genre qui cultive la proximité, qui aime le monde et qui, sur scène, a préservé le sens du merveilleux.

Flanquée de quatre musiciens, dont un guitariste au jeu ultra-ciselé, aussi précis qu'envoûtant, elle n'a pas attendu longtemps pour afficher ses couleurs. Dès la première pièce, un chant somptueux dans lequel les percussions prenaient parfois de l'ascendant, on l'a vue danser, effectuer des vrilles, penchée vers l'avant. Déjà, l'esprit était à la fête.

« La prochaine pièce, qui s'appelle Bana, je l'ai faite avec la femme la plus importante de ma vie : ma mère qui a 88 ans », a enchaîné Angélique Kidjo. Il y avait tout l'amour du monde dans son chant et dans son sourire, l'expression d'une félicité à laquelle personne n'aurait pu demeurer insensible.

Le spectacle a été consacré, pour une bonne part, à l'album Eve, celui qui a valu un Grammy à Angélique Kidjo. C'est aux femmes de son continent qu'elle a dédié ce prix, celles que les médias occidentaux présentent comme des victimes, alors que ses chansons célèbrent leur beauté et leur résilience, ainsi que l'a précisé l'invitée du festival.

Adepte du parler vrai, ce qui constitue une autre forme de respect, l'artiste a alors interprété Bomba en donnant libre cours à sa féminité. Il fallait la voir jouer les coquettes, danser dos à dos avec son bassiste, afficher une moue gentiment baveuse, pour comprendre que cet hymne est également le sien.

« Maintenant, Chicoutimi, je veux vous entendre très fort », a lancé Angélique Kidjo avant que ses camarades ne s'engagent dans le dernier droit, un appel qui, bien sûr, a été reçu cinq sur cinq. Conquis depuis belle lurette, les gens ne demandaient pas mieux que de crier « Bomba » au moment opportun.

C'est à ce stade de la soirée que Pata pata est apparu dans le paysage. « La pièce suivante est dédiée à celle qui m'a incitée à devenir chanteuse », a annoncé l'héritière de la grande Myriam Makeba. Sa version, plus rapide que l'originale, a exercé une forme de magie sur la foule.

Tout le monde s'est mis à danser, des grands-mères aux enfants, pendant qu'Angélique Kidjo tournait sur elle-même, agitait les bras au rythme de la musique. On a alors remarqué qu'un vent doux balayait la rue Racine, sans pouvoir déterminer s'il provenait du Saguenay ou de la scène.

Audition réussie

Un autre qui a vécu une soirée mémorable est Marcellin Gbazaï. Le Saguenéen d'adoption avait chanté en quelques occasions, dans les dernières années, mais toujours sur les petites scènes du festival, notamment sur la zone portuaire. Hier, cependant, c'est sur la plus importante, celle qu'allait fouler Angélique Kidjo, qu'il a été invité à se produire.

Accompagné du groupe City Barôkè, l'homme a profité de cette chance exceptionnelle pour montrer de jolies facettes de sa personnalité. Son talent de communicateur, entre autres, a ressorti au fil de ses échanges avec le public. Il est drôle, sympathique et prêt à se dépenser sans compter pour que les gens passent un bon moment.

On lui avait accordé une quarantaine de minutes et ce fut suffisant pour afficher le potentiel du groupe, dont les efforts ont été salués avec chaleur. S'il s'agissait d'une audition en vue d'une sortie encore plus gratifiante, elle a été passée sans coup férir.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer