Plombée par le carré

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L'appui aux étudiants nuit au Parti Québécois de Pauline Marois.

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Samuel Tremblay
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) L'appui formel aux étudiants et le port du carré rouge à l'Assemblée nationale se dessinent comme une erreur stratégique pour le Parti québécois de Pauline Marois au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où une majorité de la population se range derrière le gouvernement de Jean Charest dans le conflit l'opposant aux associations étudiantes de la province.

C'est la conclusion du sondeur Raynald Harvey, à la suite d'un sondage réalisé pour le compte des journaux Le Quotidien et Progrès-Dimanche par la firme Segma Recherche, du 4 au 6 juin 2012, auprès de 823 résidants du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La population régionale est favorable à 52% au gouvernement dans le conflit sur la hausse des frais de scolarité. La cause des associations étudiantes reçoit la faveur de 37% des électeurs, tandis que 11% d'entre eux refusent tout simplement de se prononcer sur la question.

Si on se fie au plus récent sondage panquébécois de Léger Marketing, l'appui au gouvernement serait légèrement plus élevé dans la région que dans le reste du Québec. Le 21 mai, le gouvernement libéral obtenait 48% des appuis à l'échelle provinciale.

«C'est pas mal à Montréal que l'appui aux étudiants est le plus fort. Il y a là une mouvance de gauche assez importante, un milieu qui a pris fait et cause pour les étudiants et qui a beaucoup de résonnance. Le portrait change dans les régions, ou encore à Québec où l'appui au gouvernement est encore plus fort», explique Raynald Harvey.

Erreur stratégique

Ainsi, en appuyant la cause étudiante, Pauline Marois a sans doute solidifié ses appuis au sein de l'électorat progressiste de la métropole, mais elle s'est peut-être aliéné une partie des «nationalistes de droite» du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Près des deux tiers des répondants (64%) sont en désaccord avec la décision de la chef du Parti québécois de se ranger officiellement du côté des étudiants dans le conflit sur les frais de scolarité. Au sein de l'électorat péquiste, 26% des répondants sont en désaccord avec Mme Marois sur ce point.

«Je pense qu'elle avait peur de se faire doubler sur sa gauche par Québec solidaire. Elle a voulu revenir vers la gauche, satisfaire une partie de son électorat de Montréal qui avait été déçu de sa position dans le dossier de l'amphithéâtre de Québec, par exemple. Ça n'a pas plu à tout le monde. [...] Il y a des nationalistes qui sont plus à droite dans la région», soulève Raynald Harvey.

De fait, ce n'est pas tant la position du PQ sur la question du financement des universités qui semble en cause que la ferveur avec laquelle il a appuyé le mouvement étudiant. «Même des gens qui sont favorables aux étudiants se sont dit en désaccord, note Raynald Harvey. On n'a pas aimé qu'elle aille jusqu'à porter le carré rouge. Elle (Pauline Marois) s'est vraiment peinturée dans un coin. Il y a beaucoup de gens qui posent des gestes de violence qui, sans nécessairement être des étudiants, se réclament de leur cause.»

Jeunes

Le sondage régional confirme également deux tendances déjà observées ailleurs au Québec. D'abord, un clivage entre les moins de 35 ans, qui appuient davantage les associations étudiantes, et le reste de la population, qui donne un «appui largement majoritaire» au gouvernement.

Finalement, la dichotomie gauche-droite remplace peu à peu la polarisation nationaliste-fédéraliste. À preuve, les répondants qui appuient Rio Tinto Alcan dans le conflit à l'Usine Alma se rangent massivement derrière le gouvernement, alors que ceux qui appuient le syndicat sont plus nombreux à soutenir les étudiants.

Le Quotidien publiera demain la suite du sondage qui portera alors sur les principaux attraits touristiques de la région et sur l'appui au maire de Saguenay.

Mené par la firme Segma Recherche à Saguenay, le sondage a été réalisé du 4 au 6 juin 2012 par voie téléphonique. 823 entrevues ont été complétées dans la région, 470 au Lac-Saint-Jean et 353 au Saguenay. Les résultats d'ensemble comportent une marge d'erreur de "/- 3,6%, selon un intervalle de confiance de 95%. Dans les deux sous-régions, l'échantillon plus petit augmente la marge d'erreur à 4,5% pour le Lac-Saint-Jean et à 5,2% pour le Saguenay.

//Plus de détails dans la version papier de votre Quotidien.

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