Yves Martin soutient ne se souvenir de rien

Yves Martin est présent pour le déroulement de... (Photo Le Quotidien, Julien Renaud)

Agrandir

Yves Martin est présent pour le déroulement de son procès, en salle d'audience. Il arrive en transport carcéral chaque matin de la prison de Roberval.

Photo Le Quotidien, Julien Renaud

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Environ 18 heures après les événements du 1er août 2015, Yves Martin a subi un interrogatoire d'un peu plus de deux heures au Quartier général de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) afin de comprendre les événements du rang Saint-Paul, à Laterrière.

L'homme de 36 ans est accusé de conduite dangereuse, de conduite avec les facultés affaiblies et de conduite avec un taux supérieur à la limite autorisée causant la mort de Mathieu Perron, Vanessa Viger-Tremblay et de leur garçon Patrick.

La cinquième journée du procès devant le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, et des 12 jurés, aura permis de voir et d'entendre l'interrogatoire de l'accusé.

Durant plus de deux heures, il répète à l'enquêteuse Nancy Blackburn qu'il aimerait bien se souvenir des événements, mais il n'y parvient pas.

Il a raconté sa journée, que sa famille est venue l'aider à aménager sa résidence. Il se rappelle avoir consommé de la bière durant la journée, mais n'a pas compté la quantité.

Assis dans un fauteuil rouge de la salle d'interrogatoire, le client de Me Jean-Marc Fradette, vêtu d'un polo vert et d'un pantalon blanc prêtés par l'hôpital de Chicoutimi (ses vêtements avaient été découpés après la collision), a dévoilé certaines informations avant l'impact et à la suite de son arrivée à l'hôpital.

Il n'a aucun souvenir d'avoir dit à des témoins et des policiers qu'il était dans la «marde», qu'il ferait de la prison ou d'avoir demandé s'il avait tué du monde.

«Je ne sais pas si c'est un ''blackout'', mais je ne me souviens pas de ma conduite. Je cherche, je cherche, mais c'est vague. Je ne me souviens pas de l'impact», dit-il.

Tout au long de l'interrogatoire, Yves Martin n'a démontré aucune émotion en lien avec les événements de la veille, même s'il est avisé qu'il y a eu des décès.

L'enquêteuse indique qu'elle s'attendait à voir un gars «qui se pogne la tête, qui capote, qui allait pleurer», mais elle ne voit rien de ça. Elle voit un gars «qui semble calme et dont l'émotion semble loin».

«Ça ne me fait pas plaisir de voir des gens comme ça. Ça n'a pas de criss de bon sens. J'avais de la peine (sa blonde l'avait laissé), mais pas à ce point-là (se suicider). Je ne voulais pas de mal à personne. J'essaie de m'en souvenir, mais je n'ai aucun flash», d'ajouter Yves Martin.

«Je capote en dedans de moi. C'est qui les personnes? Je ne me souviens pas et c'est ça qui m'écoeure. Je ne sais pas comment réagir. Oui, je suis découragé. Je jure que je ne m'en souviens pas. Je te le dirais. Je ne compte pas de menteries. Je voudrais l'expliquer. Je suis assommé. Je suis assommé», a raconté Yves Martin.

Saguenay (Chicoutimi),proces Yves Martin... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 3.0

Agrandir

Saguenay (Chicoutimi),proces Yves Martin

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

Inquiet pour ses parents, peu pour les victimes

Si Yves Martin n'a démontré que peu d'empathie envers les victimes, il s'est par contre soucié de la façon dont ses parents réagiraient à la nouvelle.

«Ils doivent être démolis. Je suis inquiet pour mon père, car il a eu des problèmes de coeur. Je ne sais pas s'ils vont venir demain (au palais de justice, le 3 août 2015). S'ils veulent venir, ils peuvent, sinon je vais comprendre», ajoute-t-il.

Sur sa consommation d'alcool, Yves Martin ne cache pas prendre de la bière. Ce n'est jamais la même chose.

«Je ne passe pas une 24 (dans la journée)», répond-il.

Par la suite, l'accusé s'est interrogé sur ce qui l'attend à la suite de ce tragique événement.

«Qu'est-ce qui va m'arriver?», demande-t-il. Mme Blackburn dit qu'il s'expose à de lourdes peines pouvant aller jusqu'à la perpétuité.

Yves Martin dit ne pas conduire vite et dit avoir eu des contraventions de vitesse il y a deux ou trois ans. Il ne croit pas être le style à être impatient sur la route.

«Je ne suis pas du genre à rouler à 160 (km/h).»

Au terme du visionnement de l'interrogatoire, le juge François Huot a avisé les huit hommes et quatre femmes du jury qu'ils pouvaient tenir compte des habitudes de consommation de l'accusé uniquement si cela a un lien avec l'événement du 1er août et non pas pour déterminer qu'il est ce genre de gars ou l'utiliser pour établir une mauvaise réputation de moralité.

Avant de mettre un terme à la première semaine du procès, Nancy Blackburn a indiqué avoir enregistré l'interrogatoire sur vidéo, car il s'agit du meilleur outil de l'enquêteur pour connaître la vérité.

En contre-interrogatoire, Mme Blackburn a affirmé ne pas avoir cru bon faire appel à un médecin pour vérifier l'état de santé de l'accusé, étant donné que celui-ci avait eu son congé de l'hôpital dans les heures précédentes.

Elle a aussi indiqué qu'Yves Martin lui est apparu sincère à certaines occasions, mais ne l'a pas cru lorsqu'il dit ne pas se souvenir de l'accident.

En bref

Impassible durant la diffusion

(Julien Renaud) - Yves Martin est demeuré impassible, vendredi, en salle d'audience. Il n'a pas laissé paraître quelconque émotion durant la diffusion de l'interrogatoire mené le lendemain de l'accident. Au total, on dénombrait 24 écrans dans la salle d'audience, afin de permettre autant au juge, aux avocats, à l'accusé, aux jurés, aux journalistes qu'au public de visionner la vidéo. L'accusé a pris quelques notes. D'ailleurs, à un moment, il a écrit sur un petit bout de papier un mot à l'intention de son avocat. Il a cherché à capter l'attention des collègues de Me Jean-Marc Fradette. À l'exception de quelques regards rapides à l'intention de sa famille, l'accusé n'a pas posé d'autres gestes notoires.

50 personnes dans l'assistance

L'assistance en salle 3,09 du Palais de justice de Chicoutimi était d'environ 50 personnes, vendredi. L'assistance a été plus marquée vers la fin de la semaine. Le procès est ouvert au public. Les audiences doivent reprendre à 9h30 lundi.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer