Le chef Francis Vallée acquitté

Francis Vallée a poussé un soupir de soulagement... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin)

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Francis Vallée a poussé un soupir de soulagement quand le juge l'a acquitté.

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Louis Potvin
Le Quotidien

L'ex-restaurateur de Roberval, Francis Vallée, est acquitté des accusations d'agression sexuelle avec lésions corporelles et de voies de fait qui pesaient contre lui.

Le juge Michel Boudreault a prononcé ce verdict mardi au Palais de justice de Roberval. Il a jugé que le témoignage de la plaignante n'était pas suffisamment fiable et cohérent pour rendre coupable le propriétaire du Tout-à-Vallée, aussi ancien candidat de l'émission Les Chefs!.

«La Cour ne dit pas que la plaignante n'était pas sincère lors de son témoignage ni qu'elle a fait preuve de mauvaise foi ou agi par vengeance. Toutefois, l'analyse minutieuse de son témoignage met en relief un manque évident de fiabilité», lit-on dans le verdict de 20 pages.

Selon le juge, la preuve était trop floue et incertaine, ce qui a soulevé un doute raisonnable sur les événements qui sont survenus le 23 mai 2013. Lors de cette soirée, la plaignante s'est rendue au restaurant Tout-à-Vallée. Après le souper, elle est restée pour danser avec Vallée et d'autres clients. La soirée était bien arrosée, de sorte que cette femme et Francis Vallée ont commencé à se rapprocher. Ils sont allés à l'étage pour continuer leurs caresses. La plaignante a affirmé que Vallée avait alors tenté de lui mettre la main dans ses pantalons après des refus. Par la suite, il l'aurait frappée en guise de représailles.

Or le juge Boudreault n'a pas jugé valables les faits exposés par la femme. Elle s'est contredite sur le fait qu'elle avait dit verbalement qu'elle ne voulait pas aller plus loin dans les attouchements. «Ainsi, en regard de toutes les circonstances de la présente affaire, notamment la conduite de l'accusé, les parties du corps touchées et la situation dans laquelle tout cela s'est produit, la preuve, à ce stade-ci, n'établit aucune infraction criminelle, telle une agression sexuelle», a-t-il livré.

Concernant les claques aux visages et sur les seins que la victime aurait reçues, le juge s'étonne du fait qu'elle ait affirmé que le manège ait duré de 20 à 30 minutes. «Il apparaît invraisemblable que la plaignante puisse avoir été sur une aussi longue période, sans même réagir, se défendre, voire le frapper avant de prendre la décision de sortir à l'extérieur de l'établissement», mentionne-t-il.

Il s'est également étonné qu'elle ait décidé de retourner à l'intérieur après avoir subi tant de coups de la part de Francis Vallée.

Le juge Boudreault a aussi indiqué que les preuves d'ecchymose sur les seins ne prouvaient pas qu'ils avaient été commis par Vallée.

Vallée très satisfait

Bien qu'il n'a pas voulu donner ses impressions aux médias, le sourire qu'affichait l'ex-restaurateur démontrait son soulagement.

Un état d'âme confirmé par son avocat Francis Boucher. «Ç'a été un long processus judiciaire pour mon client. Il s'est rendu compte que c'est enfin terminé. Il est terriblement soulagé. Et qu'il pourra continuer à vivre sa nouvelle vie. Tout le battage médiatique entourant cette histoire... Nous sommes très satisfaits, le jugement est clair concernant le témoignage de la victime. Nous avions démontré dans mes plaidoiries qu'il y avait de nombreuses incohérences et invraisemblances», a-t-il déclaré.

L'homme de 33 ans veut refaire sa vie. Le père d'une enfant de neuf mois étudie présentement en démarrage d'entreprises dans le but de faire la distribution au Canada de produits fabriqués aux États-Unis. Il vit à Saint-Jean-sur-Richelieu et est toujours en couple avec la mère de l'enfant.

Vallée a toujours l'idée d'avoir son restaurant d'ici quelques années. Il estime que le battage médiatique entourant cette affaire va continuer à lui nuire pour se trouver un emploi ou se lancer en affaires.

... mais coupable d'une accusation de méfait

(LP) - Francis Vallée a plaidé coupable à une accusation de méfait pour avoir détourné une enquête policière en faisant un faux témoignage. Un plaidoyer qui lui a permis d'obtenir une absolution conditionnelle.

Le juge Michel Boudreault a décidé de donner une deuxième chance à Vallée, car il croit que l'homme s'est pris en main et peut devenir un actif pour la société même si les accusations de méfait pour avoir mené des policiers sur une fausse piste sont graves.

Cette décision exceptionnelle du juge a été prise après deux heures d'interrogatoires.

Ce dernier a avoué avoir eu des problèmes de boisson à l'époque où il avait son restaurant à Roberval. « L'argent m'a monté à la tête et j'ai posé un geste irresponsable », a-t-il avoué aux juges.

Après avoir reçu un appel de son frère policier lui apprenant qu'une plainte avait été déposée contre lui pour agression sexuelle, il avait fait enquête auprès de ses employés et s'était rendu à la police pour dire qu'il avait reçu un téléphone anonyme lui affirmant qu'il aurait de la difficulté à ouvrir son restaurant le lendemain.

Même s'il a menti pour détourner une enquête comme le reprochait la procureure de la Couronne Amélie Savard, le juge Boudreault pense que d'avoir un casier judiciaire le brimerait dans le futur pour réaliser un projet d'entreprise d'import-export et dans la possibilité d'ouvrir un restaurant d'ici trois ans.

Il lui a imposé 100 heures de travaux communautaires et devra maintenir une bonne conduite au cours de la prochaine année. Le juge estime que cette absolution n'entache pas la confiance qu'a le public envers le système judiciaire.

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