Jean-Louis Savard en appel

La cause prise en délibéré

Le pédophile de Saint-David de Falardeau, Jean-Louis Savard,... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le pédophile de Saint-David de Falardeau, Jean-Louis Savard, devra encore patienter avant de savoir si la Cour d'appel du Québec maintient ou non sa condamnation et sa peine de six ans de prison. La décision a été prise en délibéré.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Le pédophile de Saint-David de Falardeau, Jean-Louis Savard, devra encore patienter avant de savoir si la Cour d'appel du Québec maintient ou non sa condamnation et sa peine de six ans de prison. La décision a été prise en délibéré.

Durant près de trois heures, mercredi matin, au Palais de justice de Québec, Me Christian Maltais (défense) et Me Sébastien Vallée (Couronne) ont fait valoir leur point de vue aux juges Jacques Chamberland, Julie Dutil et Benoit Morin.

Savard, âgé de 69 ans, a été reconnu coupable le 24 octobre 2014 de six chefs d'accusation d'attentat à la pudeur et de grossières indécences sur quatre de ses neveux et une nièce lors de rencontres familiales dans le rang 2 à Saint-David de Falardeau durant les années 60 et 70.

Le 10 juin 2015, le juge Michel Boudreault envoyait Savard au pénitencier pour six ans. L'accusé a repris sa liberté après avoir pu porter la décision et la peine devant la Cour d'appel du Québec.

Mercredi, devant le plus haut tribunal québécois, l'un des principaux points débattus par les procureurs aura été la crédibilité des plaignants.

Le criminaliste a fait ressortir, selon lui, l'invraisemblance des témoignages des victimes, notamment qu'elles n'ont pu identifier leur agresseur sur des photos prises à l'époque des agressions. «Ou encore sur le fait que les plaignants n'ont jamais hésité, durant de nombreuses années, à aller voir leur oncle à Raguenaud, sur la Côte-Nord, pour lui présenter un nouveau conjoint ou pour leur rendre visite.»

Me Maltais s'interroge sur la raison pour laquelle Conrad Desbiens (ordonnance de non-publication levée par le tribunal à la demande des victimes) a parti le bal, plus de 45 ans après les événements.

«Il a dit attendre le décès de sa mère pour dénoncer la situation. Pourtant, le décès est survenu en octobre 2008 et les plaintes ont été déposées en mars 2009. Conrad Desbiens dit que c'est à la suite d'un rêve où il a vu sa mère et sa grand-mère lui dire de bouger qu'il a fait les dénonciations. C'est rocambolesque de voir que l'arrivée de fantômes l'amène à dénoncer», a repris l'avocat.

«Une victime dit avoir été agressée dans la salle de bain de la maison, qui n'avait qu'un rideau pour assurer l'intimité. Une dit avoir été touchée dans la chambre des grands-parents, dans une maison où il y avait 26 enfants. Rien ne peut corroborer ces actes.»

Rapidement, Me Vallée a répliqué à ces éléments afin de rétablir la crédibilité des plaignants dans cette affaire.

«Les cas d'agressions sexuelles sont des cas complexes. Ce sont des crimes d'intimité qui se passent en vase clos, dans une chambre. Il y a rarement du public. Ces cas n'ont plus besoin d'être corroborés.»

«La crédibilité des témoins ne peut être réévaluée, car la Cour d'appel du Québec ne les voit pas et ne les entend pas. Le juge Boudreault a motivé sa décision par ce qu'il a vu et entendu», note Me Vallée.

Quant au délai entre les agressions et les dénonciations, le représentant de la Couronne estime qu'il s'agit d'une situation commune, car les victimes, trop jeunes, ont peur de se plaindre ou de dénoncer et surtout sur le fait qu'il n'est pas facile de revenir sur de mauvais souvenirs.

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