Le juge Boudreault ne croit pas les promesses d'Yves Martin

Liberté refusée

Yves Martin, le chauffard du rang Saint-Paul à... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Yves Martin, le chauffard du rang Saint-Paul à Laterrière, demeure derrière les barreaux.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Yves Martin, le chauffard du rang Saint-Paul à Laterrière, demeure derrière les barreaux.

Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, écrit que son incarcération est non seulement nécessaire, mais elle s'impose.

La décision sur la remise en liberté de Martin est tombée hier matin au Palais de justice de Chicoutimi.

L'homme de 35 ans fait face à huit chefs d'accusation de conduite dangereuse (14 ans de prison maximum), de négligence criminelle et de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort (possibilité de perpétuité) de Mathieu Perron (25 ans), Vanessa Tremblay-Viger (26 ans) et leur petit garçon Patrick (4 ans).

«La preuve de la poursuivante est sérieuse. J'estime qu'elle peut être qualifiée de solide. L'ensemble de la preuve rend probable une condamnation dans l'avenir», écrit notamment le juge.

Dans la décision, le tribunal note que l'accusé a circulé, à bord de son camion Dodge 2010 rouge, à haute vitesse et a effectué des dépassements illégaux à environ 160 kilomètres/heure dans une zone de 80.

Le juge estime que la preuve met en lumière le comportement routier de l'accusé. De cette preuve, le magistrat retient que Martin se trouvait dans la voie inverse au moment de l'impact.

«Rien ne démontre pour le moment que ça aurait pu être le véhicule des victimes (comme l'a souligné Me Jean-Marc Fradette) qui s'y trouvait. Je considère l'argument de la défense improbable.»

Le juge a d'ailleurs rappelé la conversation au cellulaire de la victime, Vanessa, avec sa soeur Sabrina.

«Si le conjoint avait empiété sur la voie inverse ou qu'un autre événement soudain s'était produit, la passagère en aurait fait état ou aurait eu une réaction.»

Sur le taux d'alcoolémie, le magistrat convient que la présomption d'exactitude du résultat est perdue, étant donné que l'échantillon sanguin a été pris plus de deux heures après l'accident. Mais il n'estime pas qu'il y a absence preuve de facultés affaiblies et d'un taux illégal lors de l'accident. Le taux a été fixé à 179 milligrammes d'alcool par 100 millilitres de sang.

Les propos de Martin à la suite de l'accident et les commentaires des témoins tendent à démontrer qu'il était sous l'influence de l'alcool.

L'accusé avait alors déclaré qu'il était ben saoul, qu'il s'en allait en prison, qu'il était mal pris et qu'il était dans la marde après en avoir fait une belle à soir.

«Les déclarations spontanées sont reconnues bien souvent comme étant fiables. À ce stade-ci, il ne fait aucun doute que la Cour doit les considérer. Ainsi, elles sont incriminantes», écrit le juge.

pas foi en l'accusé

«Je n'accorde aucune crédibilité au témoignage d'Yves Martin voulant qu'il demeure chez ses parents, sans consommation d'alcool, tout en s'engageant à ne conduire aucun véhicule moteur.»

Le vitrier a été condamné en 2005 et 2010 pour des conduites en état d'ébriété. Son véhicule a été muni d'un éthylomètre durant cinq ans.

En 2010, le procureur de la Couronne de l'époque, Me Laurent Bouchard, lui disait de saisir la chance offerte, car aucun avis de récidive n'avait été signifié, lui évitant l'emprisonnement.

Le juge pense qu'un public bien informé réagirait mal à la remise en liberté de l'accusé et que cela minerait la confiance du public dans l'administration de la justice.

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