Enquête sur remise en liberté

Litvak donne libre cours à ses envolées philosophiques

David Litvak sera de retour devant le juge... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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David Litvak sera de retour devant le juge Pierre Simard aujourd'hui et pourrait retrouver sa liberté.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Julien Renaud
Le Quotidien

L'enquête sur remise en liberté de David Litvak, cet homme qui s'en est pris au prêtre de la cathédrale de Chicoutimi le 28 juin, s'est poursuivie, hier, devant le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, mais a été étouffée dans l'oeuf en raison des envolées philosophiques de l'accusé.

D'abord, le juge Pierre Simard a tranché sur la question du dépôt par la Couronne du rapport statuant sur la responsabilité criminelle de l'homme de 38 ans, après avoir écouté les deux parties à ce sujet. «La question est la suivante: est-ce qu'on peut, malgré l'absence de consentement, recevoir le dépôt de ce rapport? [...] La raison pour laquelle on a demandé un rapport, c'était pour déterminer le degré de responsabilité de l'accusé. L'utiliser différemment serait pour moi de contrevenir à cela», a-t-il fait valoir, avant de refuser le dépôt du rapport.

Une fois cette question de droit réglée, David Litvak a été interrogé par les deux parties. L'interrogatoire et le contre-interrogatoire ont permis d'en apprendre davantage sur ce coloré personnage.

Il se dit un écrivain ayant fait une mineure en religion. Il serait né aux États-Unis, plus précisément à San Diego. Sa famille réside principalement à Québec. Selon ses dires, il a décidé de venir dans la région pour une durée de quatre mois afin de «prendre du temps» pour lui-même, après un voyage qui l'a mené en Nouvelle-Zélande, en Utah et en Colombie-Britannique, où il a occupé différents emplois. D'ailleurs, sa famille aurait appris sa présence dans la province - et dans la région - dans les médias, dans la foulée des événements qui l'ont amené devant les tribunaux.

«Pour moi, le milieu carcéral est un milieu intéressant, car c'est un milieu qu'on n'a pas la chance de découvrir de l'extérieur. La seule raison pour laquelle je veux ma liberté, c'est que j'ai une défense à préparer et avoir un ordinateur serait utile. C'est presque à contrecoeur que je la demande», a-t-il dit.

D'ailleurs, l'accusé a demandé d'être en réclusion pendant sa détention. «Je suis quelqu'un de monastique. La réclusion, ça me plaît», a soutenu l'homme, qui n'a aucun antécédent judiciaire.

David Litvak se fait appeler depuis quelque temps Jacob David, bien que ce changement de nom ne soit pas légalement effectué. «Je suis quelqu'un d'original et de créatif, surtout sur la question des noms. J'ai l'habitude de proposer des noms aux personnes que je rencontre», a-t-il partagé, donnant l'exemple de «Moonlight» pour une femme dénommée Mouna rencontrée en Nouvelle-Zélande.

«Même pour Me Morisette, je préfère qu'il m'appelle Jacob David», a-t-il ajouté, avant de refuser d'expliquer le choix de ce nom, prétextant une signification trop personnelle.

Avec son éloquence habituelle, il a ensuite répondu aux différentes questions du procureur de la Couronne, Me Sébastien Vallée, notamment sur son rapport à la religion et son état spirituel. «Ma pensée religieuse serait très large. Pour moi, les religions forment une unicité», «Mon message pour les Québécois serait dans ce sens qu'il faut apprendre des différences des autres», «Je suis une personne qui comprend peut-être plus Dieu que la moyenne des gens», «Mon état est peut-être inhabituel, mais il n'est pas pathologique», «Les grands de l'histoire ont souvent été accusés de folie», «Je me questionne sur la doctrine et l'idéologie psychiatrique», «La médication est une atteinte à l'intégrité chimique et morale» sont du nombre des réponses qu'il a fournies.

Après plus d'une heure, l'accusé, qui a dit qu'il trouverait intéressant de passer quelque temps à la Maison des sans-abri, s'est lui-même rendu compte de l'impact de ses élans oratoires. «On va peut-être devoir revenir demain pour que je réponde aux questions du procureur et à voir l'expression de mon avocat, je devrais peut-être ne plus m'étendre et me taire», a-t-il affirmé, avant que le juge ajourne son enquête sur remise en liberté à aujourd'hui.

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