Me Belliard en désaccord avec une sentence pour trafic

Il faut prévenir plutôt que punir

Tout comme ses proches, Gaston Bédard s'est caché... ((Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie))

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Tout comme ses proches, Gaston Bédard s'est caché de l'oeil du photographe avant de recevoir sa sentence.

(Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie)

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Gaston Bédard, arrêté dans le cadre de l'Opération Insuline en 2012, a écopé hier d'une sentence de 27 mois de prison pour trafic de stupéfiants. Son avocat, Me Louis Belliard, juge cependant que la cour ne s'attaque pas au bon problème.

À la suite du prononcé de la sentence par le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, au Palais de justice de Chicoutimi, le criminaliste a comparé le trafic de drogue à la guerre contre l'alcool. Selon lui, il faudrait davantage aider les consommateurs que punir les revendeurs.

« C'est l'attitude générale des tribunaux. Il faut taper plus fort pour que les gens comprennent que c'est méchant de trafiquer des stupéfiants. Je suis partisan d'une autre philosophie. Cette guerre-là est une guerre perdue, comme on n'a pas gagné la guerre contre l'alcool dans les années 20 et 30. On a fini par le légaliser, le distribuer, la contrôler. Ça fait 100 ans qu'on se bat contre la drogue, comme si la drogue était la source de tous nos maux. Je pense qu'on confond la corrélation entre les personnes qui ont des problèmes psychologiques, sociaux ou d'intégration et qui s'adonnent aussi à la drogue », a commenté Me Belliard, qui s'est présenté au Palais de justice avec plusieurs minutes de retard puisqu'il avait oublié que son client devait recevoir sa sentence.

Le criminaliste ne nie pas que certaines personnes toxicomanes vont commettre des délits parce qu'elles veulent se procurer de la drogue, mais selon lui, la question est de savoir si c'est la consommation qui les a rendus comme ça.

« On continue de dépenser de l'argent, je pense, pour combattre le vilain trafiquant, source du mal, le démon qui nous incite au péché, plutôt que de s'attarder au problème du consommateur, se demander pourquoi il consomme et qu'est-ce qui l'a amené à consommer.

«La mentalité qui veut qu'en tapant plus fort sur la tête des revendeurs, on va éliminer le commerce de la drogue, est prouvée fausse depuis 100 ans. Non seulement ça n'a pas diminué, mais ç'a augmenté », a avancé Me Belliard.

Le 13 juillet dernier, l'accusé de 63 ans, surnommé le père, le vieux, le bonhomme ou le «primer» avait reconnu avoir fait du trafic de stupéfiants, mais il n'a pas voulu admettre la preuve de la Couronne qui lui reprochait d'avoir acheté 25 onces de cocaïne et 4000 comprimés de méthamphétamine. La direction des poursuites criminelles et pénales suggérait une peine de 36 mois d'emprisonnement, alors que Me Louis Belliard demandait plutôt 12 mois de prison. La preuve de la Couronne était basée notamment sur de l'écoute électronique et des textos impliquant Bédard et différents individus, la tête du réseau de trafiquants étant Frédéric Girard.

Le juge Jean Hudon a basé sa décision sur des facteurs aggravants tels que la nature des stupéfiants, les antécédents judiciaires en semblable matière et la participation fréquente de l'accusé, mais il a également retenu le plaidoyer de culpabilité de Bédard, de même que le respect de ses conditions de remise en liberté.

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