Représentations sur sentence de Gaston Bédard

Oui au trafic, non aux quantités

Me Louis Belliard a pris un air amusé... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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Me Louis Belliard a pris un air amusé devant les photographes, alors que Gaston Bédard se cachait le visage.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le Chicoutimien Gaston Bédard reconnaît avoir fait du trafic de stupéfiants dans le cadre de l'opération Insuline, mais n'est pas d'accord avec la preuve de la Couronne voulant qu'il ait acheté 25 onces de cocaïne et 4000 comprimés de méthamphétamine.

Les représentations sur sentence ont eu lieu, hier, au Palais de justice de Chicoutimi. Le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, a entendu le criminaliste Louis Belliard demander une peine de 12 mois de prison pour son client, alors que Me Mélanie Dufour, de la Couronne, a plutôt exigé une sentence fédérale de 36 mois d'emprisonnement pour l'homme de 63 ans.

Si les faits ont été admis en défense, l'avocat de Bédard s'est davantage objecté sur les présumées quantités de stupéfiants achetées par son client auprès de la tête dirigeante du réseau de trafiquants, démantelé en 2012 au Saguenay, Frédéric Girard.

Durant près de deux heures, la Couronne a fait écouter environ 45 communications interceptées lors de l'écoute électronique qui impliquait Gaston Bédard, surnommé le père, le vieux, le bonhomme ou le «primer».

L'enquêteur principal au dossier, Jean-François Lebreton, a estimé que Bédard avait acheté 25 onces de cocaïne et plus de 4000 comprimés de méthamphétamine entre septembre et novembre 2012. Il s'est basé sur les conversations entendues et les textos échangés entre diverses personnes pour justifier les accusations contre Bédard.

«Il faut retenir comme facteurs aggravants la nature des stupéfiants, la quantité transigée, la préméditation, la planification et les antécédents judiciaires en semblable matière, sans oublier un rapport présentenciel négatif», de dire Me Dufour, pour justifier les 36 mois de pénitencier.

De son côté, Me Belliard a fait valoir que les policiers avaient retenu seulement 45 communications sur les 70 000 enregistrées lors des écoutes électroniques. De ce nombre, les enquêteurs ont conservé 5400 communications jugées pertinentes.

«Et de toutes les communications conservées, il y en a eu 45 où les surnoms de mon client sont mentionnés et seulement trois concernent directement mon client. Du moins, il n'y a qu'à trois reprises où nous l'entendons. Les policiers n'ont pas de preuve que la drogue était destinée à mon client. Oui M. Bédard a fait du trafic et il a même aidé Jean-François Tremblay, qui demeurait chez lui. Mais la preuve ne va pas plus loin.»

«Rien ne prouve que la cocaïne et les méthamphétamines étaient pour mon client. Jean-François Tremblay était un gros consommateur de drogue. C'était peut-être aussi pour lui. Nous admettons que M. Bédard a commis un crime, mais nous contestons les quantités avancées par la Couronne. Au plus, mon client a trafiqué deux onces de cocaïne et 1000 comprimés de méthamphétamine», a mentionné Me Belliard, pour expliquer sa demande d'une peine de 12 mois.

La sentence sera rendue le 23 juillet.

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