Julien Boulianne voulait se désister d'un client

Prise de bec entre l'avocat et le juge

Me Julien Boulianne a été relevé du dossier... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Me Julien Boulianne a été relevé du dossier de Mouhamadou B.Fayé. Celui-ci sera dorénavant représenté par Me Olivier Théorêt.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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L'avocat Julien Boulianne est parvenu à se désister du dossier de Mouhamadou Fayé après une bonne discussion avec le juge Rosaire Larouche, de la Cour du Québec.

Le Sénégalais de 31 ans est accusé de voies de fait simples, de voies de fait avec lésions (avec un couteau), de harcèlement criminel, d'avoir harassé son ex-conjointe avec des appels téléphoniques et de six bris de probation entre les années 2012 et 2015.

Hier matin, le procès de l'individu, qui demeure maintenant à Sept-Îles, devait se tenir sur tous les chefs d'accusation déposés contre lui. Mais comme son avocat n'avait pu le rencontrer afin de préparer le dossier et en raison d'une absence de confiance, Me Boulianne a demandé à se retirer du dossier.

Désistement

En matinée, le criminaliste s'est présenté devant le magistrat en lui mentionnant qu'il avait songé à demander à être relevé de cette affaire.

« J'y ai songé, car je ne suis jamais parvenu à rencontrer mon client pour préparer la cause. À un moment donné, il s'est retrouvé à Sept-Îles et il n'a pas été possible de discuter. De plus, nos relations étaient difficiles », a exprimé Me Boulianne.

Mais avant même de déposer sa requête officiellement, le juge Larouche a rapidement rejeté la demande de l'avocat.

Celui-ci a rétorqué qu'il ne pouvait tenir le procès étant donné qu'il n'avait pas eu le temps de discuter de l'affaire avec son client.

« Il est passé 11 h et je fixe le procès à 14 h. Ça vous donne trois heures pour vous préparer », a ordonné le magistrat.

Requête déposée

Au retour des parties devant le tribunal en après-midi, Me Boulianne est revenu à la charge en déposant officiellement une requête pour cesser d'occuper. Il a notamment cité la décision de la Cour suprême du Canada dans Cunningham. Le criminaliste a cité les paragraphes 48 et 49 de la décision relativement aux motifs déontologiques afin de justifier sa requête.

« Je ne suis pas en mesure de le représenter adéquatement. Étant donné que je dépose ma requête pour des motifs déontologiques, vous devez accueillir ma requête selon l'arrêt Cunningham », note Me Boulianne.

« De plus, dans le délai que vous m'avez accordé, j'ai entrepris des démarches afin de trouver un autre procureur dans le dossier », dit-il.

Pas le choix

Le juge Larouche a accepté la requête du criminaliste.

« Le tribunal n'a pas le choix de récuser l'avocat dans le dossier. Je l'accepte même si je trouve qu'elle est faite sur le tard. Mais l'accusé a droit à une défense pleine et entière. J'estime aussi qu'un accusé doit pouvoir avoir confiance en son avocat et vice-versa », de mentionner le juge.

Me Olivier Théorêt a accepté de prendre le dossier sous son aile. Le procès de Mouhamadou Fayé se tiendra le 24 novembre.

« À moins d'un problème d'ordre médical, que je ne souhaite pas, le procès se déroulera lors de cette journée. Les témoins pourront être entendus », a conclu le juge Larouche.

Car l'enjeu est important pour l'accusé. À la moindre condamnation, l'homme de 30 ans risque la déportation vers son pays d'origine. Les accusations concernent son ex-conjointe, avec qui il a eu un enfant.

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