Aux portes de la prison

Le septuagénaire se faisait masturber par des enfants

Ghislain Morin a bien hâte de régler son... ((Photo Rocket Lavoie))

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Ghislain Morin a bien hâte de régler son dossier devant le tribunal.

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Ghislain Morin, de Ferland et Boilleau, ira derrière les barreaux à compter du 26 juin. Il ne reste qu'à déterminer la durée de l'emprisonnement pour cet homme coupable d'attentats à la pudeur et de grossière indécence.

L'individu de 77 ans s'est retrouvé devant le juge Rosaire Larouche, de la Cour du Québec, pour les représentations sur sentence.

Me Mélanie Paré, pour la Couronne, réclame de 18 à 24 mois d'incarcération pour des événements commis en 1967, en 1977 et en 2010 sur des fillettes de 8 et 7 ans.

En défense, Me Olivier Théorêt suggère une peine mixte de prison en société et d'emprisonnement ferme. Il explique sa proposition par le fait que le Code criminel ne prévoyait pas de sentence minimale pour les événements des années 60 et 70. Mais pour le geste de 2010, le législateur impose un minimum de 45 jours de prison ferme pour une accusation d'incitation à des contacts sexuels, ce que prône le criminaliste. Il laisse au juge Larouche la discrétion d'imposer le quantum du temps à passer en société.

Me Paré a rappelé les événements auxquels Morin a plaidé coupable le 28 août 2014 (1977 et 2010) et le 5 février (1967). Ses premiers gestes ont consisté à des actions indécentes. Dix ans plus tard, il a incité une fillette de sept ans à le masturber. Il disait qu'il était malade et que c'était la seule façon de le guérir. Il lui a pris la main et lui a montré comment faire. Il a même tenté de l'embrasser avec sa langue, mais elle a refusé. Morin a fini la masturbation jusqu'à l'éjaculation. Il a répété l'exercice une deuxième fois à une autre occasion. Il a aussi exhibé son pénis à l'enfant.

Quant à l'événement de 2010, il a incité une petite fille de sept ans à lui toucher le pénis dans un parc. L'enfant est allée en parler à sa mère et Morin a avoué son geste.

« Dans le rapport présentenciel, on note très peu d'empathie de l'accusé envers les victimes. Il s'est plus inquiété des conséquences sur sa famille en raison de ses problèmes de boisson de l'époque. Autre point inquiétant, même si le risque de récidive est amoindri, c'est l'épisode de 2010. Si auparavant, il disait que la boisson était en cause, cette fois-là, ce n'était pas le cas étant donné qu'il s'abstient depuis 30 ans », a mentionné Me Paré.

Me Olivier Théorêt croit qu'une peine mixte de prison en société et de prison ferme est applicable dans cette situation. « Oui, il y a une peine minimale et je crois que l'on devrait lui donner le minimum. Il n'y a pas de conséquences intrinsèques de cet attouchement. Il faut aussi se rappeler que ce sont cinq événements sur une période de 40 ans et ce ne sont pas les gestes les plus graves. Mon client est aussi ouvert à une thérapie sur la délinquance sexuelle », de noter Me Théorêt.

Sans demander la clémence, le criminaliste précise que son client est rendu à un âge avancé, qu'il a une santé fragile, ayant fait un infarctus en 1990, et a un rein qui ne fonctionne qu'à 50 pour cent.

« La crise de coeur remonte à 1990. Votre client était donc fragile en 2010 lorsqu'il a abordé l'enfant dans un parc », a laissé voir le juge Larouche.

L'homme a bien hâte que son dossier soit réglé, car il se dit ostracisé dans son milieu.

« Mon client vit sa peine chaque jour depuis que les événements ont été médiatisés. Il est pointé du doigt », a conclu son avocat.

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