Roger Toulouse

10 ans et délinquant à contrôler

Roger Toulouse fait maintenant partie des délinquants à... ((Photo Mariane L. St-Gelais))

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Roger Toulouse fait maintenant partie des délinquants à contrôler, lui qui a abusé sexuellement de cinq victimes.

(Photo Mariane L. St-Gelais)

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Le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, condamne le Jonquiérois Roger Toulouse à 10 ans de pénitencier pour avoir abusé sexuellement de cinq victimes et pour avoir publié des photos de pornographie juvénile. Il est aussi déclaré délinquant à contrôler pour une période de sept ans.

Le magistrat a rendu sa décision hier matin au Palais de justice de Chicoutimi après avoir pris quelques heures pour analyser le dossier et déposer son jugement. Il a entériné la suggestion commune de Mes Michaël Bourget (Couronne) et Marie-Ève St-Cyr (défense) d'imposer sept années de prison pour les crimes sexuels et trois années consécutives pour la pornographie juvénile.

Toulouse, un homme de 45 ans, a humilié sexuellement des bénéficiaires d'une résidence pour personnes vivant avec de sérieux handicaps. Ces victimes, du réseau du Centre de santé et des services sociaux de Chicoutimi, ne pouvaient se défendre ou dénoncer les actes reprochés du mois d'août 2013.

L'homme s'est fait prendre, car il prenait des égoportraits des actes qu'il faisait faire à ses victimes.

L'individu, qui a plaidé coupable en juin 2014, leur a fait vivre l'horreur. Il a pris des photos de ses victimes alors qu'il mettait ses mains sur leurs seins ou en se faisant faire une fellation.

Il a poussé l'horreur jusqu'à uriner sur une victime et à en enduire une autre d'excréments. Toulouse a avoué au psychiatre qu'il voulait l'éduquer, car ce serait probablement la seule fois qu'elle vivrait une relation sexuelle.

Lors des représentations sur sentence, le juge a pris soin d'aviser les médias que ces photos étaient très crues.

L'individu a de plus diffusé, possédé et produit des photographies de pornographie juvénile. Lors de la perquisition, les policiers ont déniché plus de 2570 photos et 274 vidéos d'enfants de moins de 14 ans dans des positions explicites. Tout se trouvait dans son ordinateur et sur un CD.

Aggravants

Le juge Hudon avait pris l'affaire en délibéré jeudi après-midi. Il voulait prendre le temps nécessaire pour analyser la preuve et se faire une tête concernant la suggestion commune des deux avocats.

Le magistrat n'a retenu aucun facteur atténuant, mais a tenu compte de plusieurs facteurs aggravants.

«Il y a eu l'abus de confiance, le lien d'autorité, le fait que vous ayez commis les gestes sur des personnes vulnérables, que c'étaient des gestes planifiés et que vous vous en êtes glorifié ", a soutenu le juge Hudon.

Si les preuves de la pornographie juvénile ont pu être trouvées facilement dans l'ordinateur, les enquêteurs auraient eu plus de difficulté à l'accuser des agressions sexuelles si Toulouse n'avait pas fait preuve d'autant d'égocentrisme en réalisant des " selfies " de ses "exploits".

«Selon ce que Me Bourget a fait voir, les victimes n'auraient pas été en mesure de témoigner en raison de leur lourd handicap ", précise le juge.

Roger Toulouse a déjà passé l'équivalent de 30 mois derrière les barreaux (619 jours X 1,5 pour 928 jours). Il lui reste 89 mois et 14 jours (7 ans, 5 mois et 14 jours) à passer en prison avant de pouvoir être libéré. Et à sa sortie du pénitencier, il sera sous surveillance pendant sept ans à titre de délinquant à contrôler.

Le juge lui ordonne aussi de ne pas être dans un parc public ou d'avoir un emploi où il pourrait avoir une autorité pour cinq années supplémentaires.

Sbegin@lequotidien.com

«Ma fille vit beaucoup de séquelles. Elle fait des cauchemars. Elle pleure et ne veut surtout pas entendre son nom. Sa vie est brisée. Je ne pense pas qu'elle pourra s'en remettre.»

La mère d'une victime

«Ce n'est pas une petite peine qui a été rendue. Je ne suis pas surpris que le juge ait pris le temps de regarder la jurisprudence et de considérer la preuve au dossier pour justifier la peine de cette ampleur.»

Me Michaël Bourget

«Mon client dit qu'il va suivre les thérapies au pénitencier et on verra ce que ça donnera.»

Me Marie-Ève St-Cyr

«Il y a eu l'abus de confiance, le lien d'autorité, le fait que vous ayez commis les gestes sur des personnes vulnérables, que c'étaient des gestes planifiés et que vous vous en êtes glorifié.»

Le juge Jean Hudon

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