Crimes sexuels sur des enfants

Cinq ans pour Justin Mailloux

Justin Mailloux quelques minutes avant qu'il ne prenne... ((Photo Le Quotidien Louis Potvin))

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Justin Mailloux quelques minutes avant qu'il ne prenne le chemin de la prison.

(Photo Le Quotidien Louis Potvin)

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Louis Potvin
Le Quotidien

L'homme d'affaires de Normandin Justin Mailloux prend le chemin du pénitencier pour 5 ans pour avoir commis des crimes sexuels sur 9 victimes sur une période de 37 ans.

Le juge Michel Boudreault n'a pas vraiment tenu compte de l'âge de l'homme 81 ans pour imposer cette peine d'emprisonnement. L'absence de remords, d'empathie et de reconnaissance des torts causés chez les jeunes victimes jumelée à la gravité des agressions et des attouchements perpétrés à répétition ont mené à cette sentence.

La salle d'audience était bondée, hier, au Palais de justice de Roberval, pour entendre la lecture de la décision du juge. Auparavant, une des victimes a tenu à faire une déclaration sur ces événements qui l'ont marqué à jamais. « Après l'été de mes 15 ans, cette relation a été brisée par des gestes inacceptables. J'ai perdu cette confiance si fragile et si longue à construire. Je n'ai pas de mot pour exprimer la souffrance et la peine que j'ai eues et que je ressens encore aujourd'hui. Je ne crois pas au pardon, à cette béquille institutionnalisée par la religion catholique », a-t-elle livré en fixant le juge Boudreault.

Ce dernier a démontré dans son jugement que Mailloux avait exercé une violence psychologique et physique pour abuser de ses victimes. « Il s'en est pris à des personnes vulnérables, des enfants en bas âge, afin d'assujettir leur volonté et les empêcher de former la moindre résistance. Il ne s'agit pas ici de gestes spontanés ou instinctifs, mais d'un comportement criminel dont la régularité sur plusieurs années témoigne de la planification », a-t-il lu devant les personnes attentives et très silencieuses.

Les premiers crimes d'attentats à la pudeur sont survenus en 1973 et le dernier en 2010. C'est ce dernier cas qui a décidé les autres victimes à porter plainte. Au total, Justin Mailloux a été reconnu coupable de 11 chefs d'accusations, le 27 octobre 2014, dont celui d'agression sexuelle.

Impassible et désorienté, Justin Mailloux semblait ne pas bien saisir l'ampleur de la peine. Il a été conduit directement en prison.

Une sentence juste, selon les victimes qui ont assisté au prononcé de la décision. Bien que la peine ne réparera pas toute la souffrance qu'ils ont subie. En revanche, il s'agit pour eux d'un soulagement après de longues procédures.

La procureure de la Couronne, Me Amélie Savard, s'est montrée satisfaite de la sentence qui se rapproche de sa demande de sept ans d'emprisonnement. « Le juge a bien mesuré les facteurs aggravants comme le nombre de victimes, la répétition des gestes, l'absence de remords», a-t-elle exprimé.

De son côté, l'avocat de Mailloux, Me Denis Otis, s'est montré déçu. « Mon client est surpris, il ne s'attendait pas d'avoir une peine de cette ampleur. Il a de la difficulté à se rendre compte de tout ce qui lui arrive », a évoqué celui qui avait plaidé pour une peine de 2 ans moins un jour dont 45 jours de prison et le reste en collectivité.

En plus de purger cinq ans dans un pénitencier qui offre des traitements aux agresseurs sexuels, l'homme de 81 ans sera inscrit au registre des délinquants sexuels et ne devra pas être en contact avec des jeunes de moins de 18 ans dix ans après sa sortie de prison.

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