Maxime Bouchard demande la clémence

«Je vais vivre avec des remords toute ma vie»

Maxime Bouchard a été supporté par sa famille... ((Photo Le Quotidien Louis Potvin))

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Maxime Bouchard a été supporté par sa famille tout au long des plaidoiries.

(Photo Le Quotidien Louis Potvin)

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Louis Potvin
Le Quotidien

Est-ce que le cas de Maxime Bouchard, qui a tué sa conjointe alors qu'il conduisait en état d'ébriété, est un cas d'exception?

C'est ce que pense son avocat Charles Cantin qui a plaidé pour que l'homme de 32 ans purge une peine discontinue de 90 jours (les week-ends) et fasse des travaux communautaires. La procureure de la Couronne, Julie Lajoie, pense le contraire et demande une peine d'emprisonnement de trois ans.

Le drame s'est déroulé le 2 juin 2013 alors qu'à 4 h du matin, après avoir bien bu, Maxime Bouchard a conduit sa voiture pour rentrer à sa résidence du Rang 3 à Saint-Prime. Une perte de contrôle a été fatale pour sa conjointe Marianne Bouchard-Boisclair.

«Il faut se battre pour que ça ne soit plus considéré comme un accident et que ça peut arriver à tous le monde. Pour que des gens comme Maxime Bouchard prenne leur responsabilité et éviter l'irréparable. Conduire en état d'ébriété est un crime», a lancé, déterminée, Julie Lajoie au juge Paul Guimond hier au Palais de justice de Roberval.

Au contraire, Charles Cantin pense que sa sentence, Maxime Bouchard l'a eue en vivant le deuil de sa conjointe à la suite de cet accident. «C'est un cas d'exception. Il a bien collaboré lors de l'accident, il a fait un suivi psychologique. Il s'est pris en main. Il a démontré ses remords. Il a été doublement sentencé. Ses remords, ses regrets et son témoignage pourraient servir à une campagne de dissuasion de la SAAQ», a-t-il évoqué.

En effet, l'homme a lu une lettre hier témoignant de ses remords et de sa culpabilité, en demandant des excuses à la famille. «J'ai mal agi et je vais vivre avec les regrets d'avoir commis ce geste. Je vais vivre avec des remords et ce bagage toute ma vie. Je ne vous demande pas de me pardonner, mais de vivre un peu plus avec cet événement», a-t-il lu en se tournant vers l'audience où se trouvaient ses parents et le père de la victime.

Me Cantin a étayé sa thèse en déposant des causes similaires de sentences discontinues. «Je pense que de lui imposer une peine en discontinu est dissuasif. Il ne s'agit pas d'une punition qu'il faut lui infliger, mais une sentence dissuasive qui n'est pas clémente. Si le Code criminel me le permettait, j'aurais demandé une peine en société», a ajouté Cantin qui a révélé que Bouchard avait songé au suicide lors de sa courte incarcération.

La Couronne a rappelé que l'alcool au volant était un fléau social. Que 43% des accidents au Canada étaient causés par l'alcool. «N'attendons plus qu'il y ait plus de morts. Il faut que le message soit clair et que les gens assument la gravité de leur geste. Maxime Bouchard avait la responsabilité de ne pas conduire. Malgré son état, il a décidé de prendre son volant», a-t-elle rappelé. Son taux d'alcoolémie était de 168 milligrammes.

Le juge Paul Guimond va rendre son verdict le 22 juin.

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