L'agresseur sexuel Jean-Louis Savard

Une peine clémente réclamée

L'agresseur sexuel Jean-Louis Savard doit être puni selon... ((Archives Le Quotidien))

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L'agresseur sexuel Jean-Louis Savard doit être puni selon les lois des années 60 et non pas en tenant compte des réalités actuelles.

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L'agresseur sexuel Jean-Louis Savard doit être puni selon les lois des années 60 et non pas en tenant compte des réalités actuelles.

Du moins, c'est le point de vue de Me Christian Maltais, avocat de la défense. Depuis deux jours, il a mis plus de quatre heures à faire son plaidoyer sur la sentence pour cet homme, maintenant âgé de 69 ans.

Il n'a pas encore terminé sa plaidoirie. Il devrait y parvenir cet après-midi lorsque sera venu le temps de faire sa suggestion de sentence au juge Michel Boudreault. Il a cité de nombreuses jurisprudences, dont certaines faisaient état de peine en société, ce qui peut laisser présager ses intentions.

Savard a été reconnu coupable de quatre attentats à la pudeur et d'une grossière indécence sur quatre de ses neveux de la famille Desbiens, de Saint-David de Falardeau. Il a aussi été reconnu coupable d'attentats à la pudeur sur l'une de ses nièces de la même famille.

Les faits reprochés à Savard sont survenus à la maison familiale de Falardeau entre 1965 et 1971. Le pédophile, âgé de 19 ans lors des premiers événements, profitait de ses passages chez ses parents pour abuser sexuellement des enfants, alors âgés de six à douze ans.

Pas en autorité

Il estime que son client n'avait pas de lien d'autorité ou de confiance avec les enfants, même s'il était leur oncle.

«De plus, je ne considère pas que mon client avait un lieu d'autorité ou de confiance avec les victimes. Il ne vivait plus à Falardeau. Il ne faisait que passer par là», dit-il.

Là-dessus, Me Mélanie Paré, procureure de la Couronne, ne voit pas les choses du même angle.

«Durant le procès, on a parlé des bons liens entre les victimes et l'accusé. On disait que les enfants allaient voir le bon "mononcle". On ne peut pas dire le contraire lorsque ça ne fait plus l'affaire», a rétorqué Me Paré.

L'avocat de la défense ajoute que l'accusé ne peut recevoir un châtiment plus important qu'il ne le mérite. «Vous devez châtier mon client en tenant compte des lois de l'époque et sur les mentalités de l'époque et non pas en vous basant sur les lois actuelles. Il ne peut être puni plus qu'il ne le faut», exprime Me Maltais.

En fait, les attentats à la pudeur sur un garçon étaient punissables de 10 ans de prison et de cinq années d'emprisonnement sur une fille. La grossière indécence pouvait amener un accusé à une sentence de cinq années derrière les barreaux. Mais aucune peine minimale n'était prévue au Code criminel.

Quant au manque de compassion ou de remords, Me Maltais précise que son client et les membres de sa famille ne peuvent en avoir envers les enfants Desbiens, étant donné que Jean-Louis Savard n'a jamais reconnu les gestes et sa culpabilité. Il s'agit d'un facteur neutre.

Enfance difficile

Me Maltais a demandé au juge de tenir compte de l'enfance vécue par son client, alors qu'il a été mis dehors du domicile familial à l'âge de 13 ou 14 ans, qu'il s'est retrouvé chez l'une de ses soeurs et qu'il a été abusé sexuellement par l'une de celles-ci. Même au décès de l'un de ses frères, son père lui a dit qu'il aurait préféré le voir lui dans le cercueil.

«Il s'agit d'un homme démuni, vulnérable. Il n'a pas eu beaucoup d'éducation, ne sait pas lire ni compter», résume l'avocat en défense.

«Tout ça ne justifie pas les gestes. Je voulais vous faire un portrait de l'individu dans les années 60 et 70», a ajouté le criminaliste.

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