Gestes de grossière indécence et attentat à la pudeur

Le pénitencier pour Jacques Reid

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(Chicoutimi) L'ancien éducateur des Instituts La Chesnaie et Saint-Georges, Jacques Reid, écope de 28 mois de prison pour des attentats à la pudeur et de la grossière indécence sur deux garçons mineurs commis il y a plus de 40 ans.

La juge Micheline Paradis, de la Cour du Québec, a rendu la sentence hier matin au Palais de justice de Chicoutimi,

Reid, aujourd'hui âge de 67 ans, a commis les actes reprochés entre septembre 1965 et juillet 1968 et a récidivé sur une seconde victime de janvier 1975 et décembre 1976. Il est notamment question de masturbation et de fellations à de nombreuses reprises.

Dans son jugement de 16 pages, la juge Paradis considère la gravité objective et subjective des actes commis, que les agressions ont été faites sur des jeunes sans défense et vulnérables alors que son devoir était de les protéger.

Reid a posé les gestes à caractère sexuel alors qu'il était éducateur à l'Institut La Chesnaie de Roberval, mais aussi lors d'une activité du groupe des 4H et même à sa résidence.

La juge a retenu le peu d'empathie de l'accusé envers les victimes, son absence d'une véritable prise de conscience, la durée des agressions et la récidive.

Car après l'épisode de Roberval, Reid avait été blâmé par les responsables de l'institut. Sauf que les dirigeants, considérant son jeune âge, ont estimé qu'il était récupérable et qu'il avait eu sa leçon.

«Vous avez voulu vous déresponsabiliser des gestes posés. Vous avez dit de la première victime qu'elle était déficiente et dans le trouble, alors que la deuxième s'était vantée qu'il en avait une grosse. Vous trouviez que tout ça était regrettable, sauf qu'ils (victimes) pourraient faire un coup d'argent», a résumé la juge.

Reid a longtemps nié les accusations portées contre lui. Il a par la suite affirmé qu'il avait commis une partie des attouchements, mais ne se souvenait plus du nombre de fois.

Malgré tout, Reid a plaidé coupable aux accusations le 2 octobre 2013 et a finalement reconnu tous les faits.

«C'est une décision qui prend en compte les objectifs de dénonciation et d'exemplarité et de sévérité de peine en matière d'abus sexuels envers les enfants. Il ne faut pas oublier que M. Reid était éducateur dans un établissement où les jeunes étaient en difficulté. Sa mission était de les protéger. Il a agi aux antipodes», indique Me Jean-Sébastien Lebel, procureur de la Couronne.

«Les rapports concluent que l'accusé présente des remords axés sur les conséquences personnelles de ses accusations plutôt qu'aux conséquences qu'auraient pu vivre ses victimes. Il a même dit qu'il ne croyait pas aux conséquences vécues par les deux victimes», ajoute Me Lebel.

En plus de la peine d'emprisonnement, Reid devra fournir des échantillons de substances corporelles, sera inscrit au registre des délinquants sexuels et ne pourra pas se trouver dans un parc public ou une école pour une période de 10 années suivant sa remise en liberté. De plus, il ne pourra posséder d'armes. Il lui est interdit de communiquer avec ses victimes et devra suivre une thérapie de délinquance sexuelle.

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