Arrestation brutale d'un braconnier

Les agents contredisent la victime

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Laurier Bédard

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Les deux agents de la protection de la faune accusés de voies de fait par un jeune homme qui aurait dépassé ses quotas de pêche ont témoigné devant le juge Jean Hudon, hier, au Palais de justice de Chicoutimi. Sylvain Rangers et Laurier Bédard sont venus livrer leur version des événements, un récit différent de celui du poursuivant.

Les deux agents soutiennent avoir eu recours à la force nécessaire, mais pas abusive, pour convaincre le pêcheur de s'identifier lorsqu'ils se sont rendus à son domicile en 2011. En juin dernier, le pêcheur a affirmé devant le juge avoir été roué de coups par les agents. Après l'intervention, il s'est rendu à l'hôpital pour faire constater des contusions et des abrasions.

Événements

Lors d'une patrouille effectuée le 12 mars 2011 sur les glaces de la baie des Ha! Ha!, les agents ont constaté que des individus avaient caché des dizaines d'éperlans dans la neige.

Ils ont rapidement identifié un des deux individus qui a fourni les coordonnées de son acolyte.

Après quelques tentatives afin de joindre le second individu, ils se sont présentés chez Nicolas Murray en compagnie de deux policiers le 9 avril.

C'est à ce moment que les événements ont pris une tournure inattendue.

La conjointe du père de Nicolas Murray a permis aux agents d'entrer dans la résidence.

Les deux policiers sont demeurés sur la galerie.

Nicolas Murray aurait refusé à plusieurs reprises de s'identifier, demandant aux agents de sortir. Le ton aurait monté et l'individu aurait menacé de cracher au visage de l'un d'eux.

Au cours de l'échange, les agents ont appliqué à deux reprises un contrôle articulaire (technique qui consiste à ramener les bras derrière en exerçant une certaine pression) afin de le maîtriser. Comme l'individu affirmait qu'il allait s'identifier, les agents l'ont chaque fois relâché, mais ce dernier aurait changé d'idée à nouveau.

C'est l'arrivée du père de Nicolas Murray qui aurait mis un terme à l'échange. Ce dernier aurait dit à son fils de s'identifier, ce qu'il aurait fait.

Devant le juge, les deux agents de la protection de la faune ont confirmé que Nicolas Murray a été amené au sol à deux reprises, ce qui peut lui avoir causé quelques blessures.

«J'ai employé la force nécessaire, mais pas au-delà ", a affirmé Sylvain Rangers. " Ce n'est pas plaisant pantoute quand pour la première fois de ta vie tu mets quelqu'un en état d'arrestation pour une histoire de petits poissons ", a-t-il ajouté.

«On a toujours prétendu que les agents ont travaillé en vertu des pouvoirs qui leur sont conférés. Ils ont certains pouvoirs. Le plaignant était en caleçons. Il a été brûlé par le tapis, puis blessé par une chaise. Les blessures sont très cohérentes avec l'arrestation ", estime Me Jean-Marc Fradette, avocat de la défense.

Depuis les événements, le ministère de la Faune a changé ses pratiques en pareille circonstance. Lorsque quelqu'un refuse de s'identifier à son domicile, les agents doivent maintenant sortir.

Requête en arrêt des procédures

Me Jean-Marc Fradette est convaincu que le procès n'aurait jamais dû avoir lieu.

Une première plainte déposée par Nicolas Murray avait été rejetée par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

«Les procureurs ont étudié ce dossier et affirmé par lettre qu'aucune accusation ne pouvait être portée. Une plainte privée a été déposée un an plus tard et le DPCP s'en est saisi. Quand le juge Lortie a cité les agents à procès, on ne l'a pas averti que la plainte avait été rejetée par le Directeur des poursuites criminelles et pénales. S'il l'avait su, il y a fort à parier que la plainte aurait été rejetée ", estime-t-il.

«On reproche à la Cour d'avoir omis de mentionner au juge Lortie qu'il y avait eu une lettre affirmant qu'il ne pourrait y avoir d'accusation. »

Des poursuites en déontologie et au civil ont également été déposées contre les deux agents.

Les avocats de la défense et de la couronne plaideront aujourd'hui.

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