Jean-François Gaudreault, un criminel endurci repentant

Le juge prend une chance

Me Charles Cantin était très heureux d'obtenir une... ((Photo Michel Tremblay))

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Me Charles Cantin était très heureux d'obtenir une peine de prison en société pour son client Jean-François Gaudreault.

(Photo Michel Tremblay)

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(CHICOUTIMI) Depuis l'âge de 18 ans, le Chicoutimien Jean-François Gaudreault a reçu 13 sentences au Palais de justice de Chicoutimi. Chaque fois, il a fait de la prison. Hier pour sa 14e peine, il a récolté 18 mois de prison... à purger en société.

Gaudreault, âgé de 49 ans, possède une très longue feuille de route pour des vols, des méfaits, des introductions par effraction, du recel, des possessions de stupéfiants notamment.

Sa dernière sentence remontait à 2006. Il avait écopé de 32 mois de prison. Il était sorti en juillet 2009. À peine deux mois plus tard, il commettait deux introductions par effraction et un vol de cigarettes d'une valeur de 2000$ dans des commerces du boulevard Saint-Paul, à Chicoutimi.

Ce fut sa toute dernière infraction, mis à part une voie de fait armé (poivre de cayenne) en octobre 2013.

C'est possiblement cette distance avec le milieu du crime et la drogue qui a permis au juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, d'accorder une sentence en société au client de Me Charles Cantin, alors que la procureure de la Couronne, Me Mélanie Paré, réclamait 36 mois d'emprisonnement.

Durant une bonne partie de la journée, Gaudreault a témoigné. Il a raconté sa vie des cinq ou six dernières années avec beaucoup de transparence et d'honnêteté. Il a avoué avoir commis ses dernières introductions par effraction pour régler une dette de drogue.

«Lorsque je suis sorti de prison en 2009, j'ai pensé que j'aurais la paix. Mais eux ne m'avaient pas oublié. Ils m'ont dit que je devais payer et commettre un crime. Comme j'avais été battu une fois et laissé pour mort, je ne voulais pas revivre l'expérience. J'ai payé ma dette et je n'ai plus rien fait», a mentionné Jean-François Gaudreault.

Ce dernier dit avoir changé. Il raconte avoir trouvé les clefs d'un marché d'alimentation dans un stationnement et il a ramené le tout à la gérante du commerce. Il lui a demandé de rédiger un document prouvant son geste.

«En temps normal, je les aurais gardés et je serais entré sans effraction. J'y ai pensé. Mais je suis allé remettre les clefs à la gérante», a ajouté l'accusé.

Transparent, Gaudreault affirme fumer un joint par mois, même s'il sait que c'est interdit. Il dit même faire un peu d'argent au noir.

«Mais aujourd'hui, je suis revenu sur le droit chemin. Je suis fatigué de la prison. J'ai refait ma vie. Tout ce que j'ai a été acquis légalement. Je n'ai rien du fruit de la criminalité.»

«Il est vrai que la prison ne me fait pas peur, mais je ne veux pas y retourner. Ça me ferait perdre l'estime que j'ai de moi. J'ai fait un bon pas et je veux continuer», a-t-il précisé.

Le juge Boudreault dit croire en Jean-François Gaudreault, à sa volonté de vouloir s'amender et de s'en sortir.

«Votre personnalité et votre témoignage m'ont convaincu. Il serait facile de bafouer votre version en raison de votre passé ou de vous donner une sentence en tenant compte de la gradation des peines. Je pense que l'on peut prendre un risque que l'on peut assumer en vous remettant en société. Votre passé criminel sera toujours là. Mais on repart à zéro», a conclu le juge.

En plus de la société, Gaudreault devra réaliser 100 heures de travaux communautaires pour son accusation de voies de fait armé et aura une probation de 36 mois.

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