«Charlie» et le grand méchant Dieu

CHRONIQUE ÉGLISE / Un an après l'attentat terroriste contre les artisans du... (Archives Le Soleil)

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Le Quotidien

CHRONIQUE ÉGLISE / Un an après l'attentat terroriste contre les artisans du Charlie Hebdo, le magazine publiait dernièrement, en une, l'image d'un dieu assassin, que les forces policières n'auraient toujours pas réussi à attraper.

Pour Riss, l'auteur de cette caricature, Dieu, ultimement, serait le véritable responsable de toute cette violence terroriste.

Pour un grand nombre de nos contemporains, cette idée fait son chemin que si la religion n'existait pas, une grande partie des actes de violence sur terre serait par le fait même éliminée.

Mais ne s'agit-il pas d'une vision simpliste? Peut-on, honnêtement, croire que la violence vient des religions? Ou, au contraire, que les religions, lorsqu'elles demeurent centrées sur leurs fondations et non sur les déviations historiques sont porteuses d'une éthique invitant à dépasser la violence qui est présente en chaque être humain. C'est le sujet que j'ai développé à la demande de Présence-info.ca et que je reprends ici.

Dieu, à l'image des croyants?

C'est la thèse que défend, au même moment, une autre revue, Le monde des religions, certainement plus sérieuse que la première. La question qui se pose est, au fond, la même: peut-on faire le mal au nom de Dieu? Bien sûr, à en croire les hurlements du nom de Dieu faits par certains terroristes au moment de passer à l'acte, il est clair que, pour eux, Dieu est la caution de leur haine et de leur «justice».

Nous serions donc autorisés à nous poser la question: «mais qui donc est Dieu pour détester ainsi?» Si notre croyance porte l'image d'un Dieu tout-puissant, guerrier, vengeur et si nous croyons que nous sommes de son côté, ainsi nous pourrions justifier toute forme de hargne à l'endroit des mécréants, des païens, de tous ceux et toutes celles dont les attitudes et les comportements sont contraires aux préceptes d'une religion qui adorerait un tel Dieu! Et c'est malheureusement le cas de certains fondamentalistes, y compris chrétiens, qui voient les choses ainsi. Toutefois, tant les chrétiens que les musulmans prennent de la distance face à des interprétations simplistes et pro-violence de leurs Écritures sacrées.

Par exemple, une hymne du bréviaire catholique propose de se poser la question autrement: «Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi, fils de la terre?». Oui, ce Dieu auquel les croyants se réfèrent, qui est-il donc vraiment? Est-il celui qui pousse ses adeptes à la violence contre leurs frères et soeurs? Ou bien est-il «Celui que nul ne peut aimer s'il n'aime [son prochain]?»

Dieu peut-il être un meurtrier ou commanditer des assassinats, comme le prétend le Charlie Hebdo? Peut-il être l'auteur du mal commis en son nom?

La réponse est clairement non! L'hymne citée le déclare plutôt «si démuni, si grand, si vulnérable». Elle ajoute qu'il faut un coeur de pauvre pour le trouver et c'est alors qu'il «vient perdre coeur à notre table». Enfin, elle affirme que Dieu est celui qui, le premier, est blessé lorsque l'humain, la créature qu'il aime infiniment, est blessé.

Qui donc est Dieu? Il est celui dont la miséricorde est inaltérable et pour qui la vérité, la paix et la justice doivent régner d'abord dans la vie même de chacun de ses enfants. Voilà certes les fondations d'une «religion» inspirante et inclusive...

Jocelyn Girard, agent de pastorale

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