Un souhait: du papier en 2016

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je nous souhaite du papier en 2016. Alors que tout est tablette, écran, hi-tech, hi-phone et hi-fun, le papier reste et demeure un beau refuge pour le traditionnel, le rapport à l'objet, le rapport à l'image.

Le journal La Presse a mis fin à la version papier de ses éditions du lundi au vendredi à la fin de 2015 pour devenir un journal électronique afin de s'adapter aux nouvelles tendances et être de son temps. C'est une très importante décision d'affaires et l'avenir nous dira comment réagiront les amants du papier.

C'est bien beau l'information sur tablette, mais je trouve que le papier est une plus belle expérience. L'odeur, la couleur, la texture, le bruit des pages qu'on tourne et le vent qui s'en échappe font référence à tous nos sens. J'ai encore aujourd'hui plus de plaisir à feuilleter un journal et un magazine que de flipper des pages virtuelles avec mes doigts.

Je fais souvent des recherches sur Google pour trouver des recettes de Ricardo, mais je préfère de loin tourner les pages de son magazine papier. Ma blonde réagit immédiatement quand elle voit le nouveau numéro du livre de recettes sur le présentoir à l'épicerie. Elle l'achète, fait tourner les pages rapidement avec son pouce, se plante le nez dans les pages pour sentir l'odeur de l'impression et songe à l'instant où elle aura le temps de le parcourir en buvant un thé ou un café.

On ne ressent pas du tout la même impression devant une version électronique. C'est le même contenu, il y a même du vidéo et de l'interaction, mais ça me semble moins vivant. Ce n'est pas parce que ça bouge que c'est plus vivant. Il y a des photos qui suscitent plus d'émotion qu'un long métrage, et je ressens la même chose avec le papier. Le papier fait appel à plusieurs sens et j'aime ça.

Les photos imprimées et présentées lors du Festival Zoom Photo Saguenay sont plus belles et plus vivantes imprimées sur du papier et accrochées au mur que sur un écran d'ordinateur. Il y a un paquet de documents que je préfère consulter sur papier que sur tablette et c'est le cas des journaux et des magazines.

J'aime bien lire un article sur support informatique. Je passe mes journées devant un écran d'ordinateur à écrire, à consulter Google et Facebook et à me gorger d'informations à travers les hyperliens. C'est un outil de travail extraordinaire, mais rien n'empêche que mon bureau de travail est rempli de documents papier de toutes sortes.

Je préfère le papier à bien des égards et les cartes de Noël en sont un bel exemple. Les cartes de Noël que j'ai reçues par la poste sont en évidence sur mon bureau alors que les cartes de Noël électroniques se sont retrouvées dans la corbeille de l'ordinateur sans même que je les ouvre. Les cartes réelles m'ont été remises par quelqu'un qui distribue le courrier avec le sourire au bureau. J'ai pris le temps de regarder l'enveloppe, le timbre poste et l'adresse de retour avant de l'ouvrir. Certaines ont été ouvertes avec mes doigts d'autres avec un coupe-papier. J'ai pris le temps de regarder la couverture de la carte qui montre une photo ou une oeuvre d'art. J'ai regardé les signatures à la main et les messages personnels avant de lire le message général de joyeuses fêtes.

Avec les cartes en papier j'ai eu droit à un contact humain, souriant en plus, et j'ai vécu une expérience visuelle, un contact des mains, entendu le son du coupe-papier ou de l'enveloppe qui se déchire en plus de sentir et de ressentir en imaginant les gens derrière les signatures. Avouez que l'expérience est pas mal plus agréable avec une carte de Noël en papier que l'expérience d'une carte de Noël par courriel. Il en va de même pour les journaux.

J'aime bien lire La Presse+le matin dans le confort de mon lit sans avoir à mettre le nez dehors en ces froids matins d'hiver. J'aime bien agrandir le caractère des textes sans avoir à allonger mes bras pour lire les manchettes. Je sors du lit en direction de la douche avec déjà une bonne idée de ce qui se passe dans l'actualité.

Mais la véritable expérience c'est quand j'entrouvre la porte de la maison pour saisir Le Quotidien ou Le Progrès-Dimanche dans la boîte aux lettres qui ne reçoit plus de courrier et que je m'installe sur l'îlot de la cuisine avec un café pour tourner les pages fraîches qui sentent l'encre. J'y laisse même une tache de gras au coin des pages que je tourne du bout du doigt, le même qui tenait mes rôties. On ne laisse pas un trace de gras sur une tablette.

J'espère que le papier et l'électronique cohabiteront encore longtemps, je trouve qu'ils font un beau couple. Je suis papier.

Bonne année!

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