Histoire de boisson

CHRONIQUE / C'était il y a peut-être deux semaines. Et là, quand je vous dis... (Photo 123RF)

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CHRONIQUE / C'était il y a peut-être deux semaines. Et là, quand je vous dis «peut-être», c'est beaucoup plus de l'ordre du cosmétique, car voyez-vous, je trouvais que ça faisait un peu tout nu de débuter ça par un sobre «C'était il y a deux semaines». Mais bon.

Alors voilà. Ce soir-là, je menais ma double vie de musicien et nous présentions un concert dans un bar fort sympathique de Jonquière.

Comme je ne suis pas trop du genre à boire, eh ben, j'ai l'habitude de revenir dormir à la maison une fois que notre concert est terminé. Or, ce soir-là, comme le temps des Fêtes venait tout juste de débuter, voilà que mes amis sont arrivés à me convaincre de festoyer et de terminer la soirée avec eux à Chicoutimi.

«On repartira avec ton char, avec Nez rouge» a été la phrase qui a eu raison de moi.

En fait, c'est plutôt le «oui» de mes amis qui a suivi mon «ça marche encore ça?» qui a vraiment eu raison de moi.

Alors hop, je n'ai eu que le temps de confirmer que ce soir-là, j'entrais en mode «fiesta» et voilà qu'un shooter qui m'était adressé surgissait de nulle part et qu'une pinte de bière apparaissait dans mes mains.

Les heures ont donc passé et pour vous dire vrai, ça a été une soirée vraiment agréable entre copains.

Et puis à un moment, j'ai souvenir que mon ami Boca m'a dit: «Hey Martel, si tu veux qu'on reparte tantôt avec Nez rouge, c'est là que tu devrais appeler.» C'est donc ce que j'ai fait.

Or, ce que j'ignorais, c'est que Nez rouge, c'est pas vraiment comme le taxi. C'est donc à une boîte vocale que je me suis buté, m'annonçant qu'il n'y avait plus de service à l'heure tardive jusqu'où l'alcool nous avait transportés.

«On fait quoi?» que j'ai bêtement demandé à Boca. Ici, je dis «bêtement» et là, c'est pas du tout cosmétique. En bon français, nous étions élégamment fourrés. On a donc tenté d'élaborer un plan de retour, mais à bien y penser, je crois qu'on ne faisait que meubler le temps en attendant qu'un miracle se produise. Et comme dans toute bonne histoire de Noël, le miracle s'est produit!

Voilà que deux bénévoles de Nez rouge sont entrés dans la place et, ô comble du bonheur, la fille qui les avait appelés s'était trouvé un autre «lift».

J'ai donc bondi sur les bénévoles en leur expliquant notre situation et alors que tout semblait perdu, une des bénévoles m'a dit qu'elle communiquerait avec la centrale afin de vérifier si on pourrait nous ramener à bon port.

On a donc sagement attendu jusqu'à ce que deux autres bénévoles se pointent en gros pick-up pour nous dire qu'ils ne pouvaient rien faire pour nous.

Maintenant, que l'on se comprenne, je ne vous raconte pas ça de façon indignée, car dans les faits, la seule personne à blâmer dans tout ça, c'était moi. De un, c'était purement idiot d'estimer pouvoir compter sur un service et de ne faire aucune démarche afin de m'informer du protocole à respecter en pensant que ça serait magique. Et de deux, le seul drame dans tout ça, c'est que le lendemain, j'ai dû me taper une «run» de trente dollars en taxi de Chicoutimi à Jonquière pour aller récupérer ma voiture. Il n'y a pas eu mort d'homme, et ce, grâce à Simon qui n'avait pas bu et a pu nous ramener.

En fait, si je vous raconte ça, c'est parce que je me suis dit que si un type comme moi qui n'est pas plus brillant qu'un autre, mais pas si con que ça, a réussi à échouer son projet de repartir avec Nez rouge, j'ose espérer ne pas être le seul.

Je dis ça comme ça, mais maintenant qu'à peu près tout le monde connaît l'existence de Nez rouge, peut-être que ça ne serait pas une mauvaise idée d'axer les campagnes publicitaires futures afin d'aviser les bénéficiaires de ce service du protocole à respecter afin de s'assurer une fin de soirée sécuritaire.

Mais bon, peut-être que je ne bois juste pas assez dans la vie. Sinon, et je le dis sans ironie, je tiens à féliciter chaleureusement tous les bénévoles de Nez rouge. Même les deux gars dans le gros pick-up.

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