La voix des femmes

CHRONIQUE / Le féminisme a encore sa place dans tous les milieux... (Photo 123rf)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le féminisme a encore sa place dans tous les milieux professionnels. Mais je me suis toujours dit que dans le mien, le monde des médias, ça ne faisait pas de différence d'être femme ou homme. Que le sexisme n'existait plus dans mon milieu. Bon, à l'exception de la télé peut-être, où les femmes ne sont pas épargnées par la tyrannie de la beauté. Mais surtout pas en presse écrite et en radio.

Personne ne voit nos visages ou notre corps. On est jugé par notre travail, point. Même si je vais toujours me souvenir de ce commentaire désobligeant d'un animateur radio de Saguenay porté à mon endroit il y a de ça près de huit ans. «On ne le sait pas si elle a un gros cul. Ils devraient mettre des photos plein pied dans Le Quotidien», criait-il dans son micro, en parlant de nos clichés dans le journal. Quel con! Comme si j'étais payée à avoir un corps de rêve. Je ne travaille pas pour Victoria's Secret. Mais si tu me donnes quelques centaines de milliers de dollars, je promets de muscler mon fessier et d'arrêter les frites.

Heureusement, ces commentaires sont rares.

Mais voilà que l'autre jour, je rencontre un homme de radio. Et j'en profite pour lui demander pourquoi il n'y a pas plus de femmes derrière les micros. Vous remarquerez, elles sont absentes. Oui, il y a des animatrices, des collaboratrices. Mais les femmes qui occupent le poste d'animateur vedette d'une émission demeurent l'exception.

Le chroniqueur du Devoir, Stéphane Baillargon, avait récemment fait ce constat, en analysant plusieurs stations du Québec. Il n'avait pas de théorie pour expliquer ce phénomène. Donc j'étais bien curieuse d'entendre la version de cette personnalité radiophonique.

«On en veut, au contraire. Mais c'est difficile de trouver de belles filles qui maîtrisent bien les dossiers d'actualité.» Quoi?

«Vous n'êtes pas tous des Brad Pitt à la radio», ai-je virulemment lancé. Comme si une femme devait en plus être belle pour être embauchée dans une radio. Les hommes n'ont visiblement pas ce critère à remplir.

C'est étrange, car moi, je connais plusieurs femmes qui travaillent déjà à la radio et qui seraient excellentes dans un poste d'animateur vedette. Je ne sais pas si ce sont elles qui ne veulent pas ou si les directions préfèrent les hommes. Mais je peux leur faire une liste.

Voyant mon regard de femme scandalisée, mon interlocuteur s'est ensuite repris, prétextant avoir parlé trop vite. Je lui ai accordé, il n'avait pas réfléchi et je peux comprendre que parfois, on parle sans penser. C'est souvent le propre des animateurs de radio, ces temps-ci.

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