Naguère les étoiles

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CHRONIQUE / Il y a quelques jours, je lisais l'excellent roman 22/11/1963 de Stephen King alors que ma blonde regardait ses «programmes» de fin de soirée à la télé. Et puis hop, voilà que pendant un bloc publicitaire, c'est la bande-annonce du prochain chapitre de Star Wars qui a été diffusée.

Maintenant, je ne vous mens pas, mais c'est comme si tout s'était soudainement arrêté autour de moi. Il n'y avait plus que cette musique poignante, ces vaisseaux spatiaux et Han Solo. Et puis, au moment où la bande-annonce s'est terminée, je me suis retourné vers ma blonde pour lui dire à quel point tout ça était fantastique, et à ma grande surprise, je me suis rendu compte que ma gorge était nouée et que j'avais les yeux dans la graisse de bine. Et comme si ça ne suffisait pas, et je préférerais que ça demeure entre vous et moi, mais j'ai même dû faire mine de me gratter le cuir chevelu afin d'essuyer subtilement avec ma manche une larmette qui avait glissé d'un de mes yeux.

Je vous dis ça et bien honnêtement, tout ça m'a vraiment pris de court. Le truc, c'est que jusqu'ici, je n'avais cru être un fan aussi intense de l'univers de Star Wars. En fait, pour vous dire vrai, pendant toutes ces années, je me plaisais à croire que j'étais spécial et qu'à la différence d'à peu près tous les gars de mon âge, j'étais un peu au-dessus de tout ça. Mais non. Et vraiment.

Or, nul besoin ici de se lancer dans une profonde réflexion afin de comprendre comment une telle franchise finit par vous prendre en otage. Tout d'abord, pour le gars de 35 ans que je suis, Star Wars a toujours fait partie de ma vie, que je le veuille ou non. Je n'ai qu'à fouiller dans les plus vieilles archives disponibles dans ma mémoire pour me revoir en train de jouer avec le Faucon Millenium de mon cousin Renaud (désolé Daniel d'avoir essayé à l'occasion de te voler tes bonshommes de la Guerre des étoiles) ou de me faire relire pour la millième fois par la fée clochette L'Empire contre-attaque. D'ailleurs, je vous dis ça, et je peux encore voir dans ma tête le bras en forme de main de Mickey Mouse de ma table tournante survoler les sillons du petit 45-tours et je peux même me souvenir de l'odeur du papier glacé du livre.

Mais pour bien des gens de ma génération, Star Wars nous aura aussi appris qu'il vaut mieux parfois laisser nos souvenirs intacts et de ne pas tenter de les raviver désespérément. Je pense ici aux fameuses rééditions datant du milieu des années 90 où de nouvelles scènes avaient été ajoutées aux films originaux. Je me souviendrai toujours de l'énorme malaise qui avait habité tous les spectateurs de la salle de cinéma quand nous avions vu la version numérisée zéro réaliste de Jabba The Hutt.

Mais pire encore, Star Wars a aussi été symbole de désillusion pour plusieurs d'entre nous. Encore là, comment oublier cette fameuse grande première de La menace fantôme où à quelques minutes avant le film, nous avions l'impression de faire partie d'une immense fête et que nous en sommes sortis comme nous l'aurions fait en quittant un salon funéraire.

Alors voilà, dans un peu plus d'une semaine, un nouveau cycle débutera. Évidemment, plusieurs fans encore traumatisés de Jar Jar Binks contiennent leur enthousiasme, mais en ce qui me concerne, je me dois de l'avouer, je fais partie de ces fans qui croient dur comme fer que ce sera le grand rendez-vous tant attendu. Celui que ces enfants des années 80, dont plusieurs sont maintenant devenus parents, souhaitent depuis une éternité.

Et puis hop, dans le pire des cas, si tout ça s'avère être un rendez-vous manqué, je vous raconterai dans dix ans que j'ai encore souvenir qu'à l'époque, chaque fois que j'allais au cinéma avec mon gars, nous faisions toujours le même pèlerinage à la sortie du film en longeant le long couloir des salles de projection qui menait ultimement à cette affiche du nouveau Star Wars. Juste pour ça, je te dis merci, Han Solo.

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