La locale

En tout mon épicerie a coûté 44,22 $.... (Photo Le Quotidien, Laura Lévesque)

Agrandir

En tout mon épicerie a coûté 44,22 $.

Photo Le Quotidien, Laura Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laura Lévesque
Le Quotidien

CHRONIQUE / Acheter local, ce n'est pas compliqué, c'est meilleur et pas toujours plus cher. Dans notre petit jeu de comparaison, j'ai réussi à dénicher tous les aliments sur la liste.

Mes carottes bio de Girarville m'ont coûté 2,50 $ pour deux livres. Ma consoeur a payé 1,77 $, mais pour une livre. Des pleurotes de Petit-Saguenay à 3,99 $. C'est plus dispendieux que de communs champignons de Paris à 2 $, mais ô combien meilleur. Bon, difficile de rivaliser avec le prix des bananes de Patricia. Mais j'ai quand même déniché des bleuets congelés du Lac-Saint-Jean à 3,99 $. Toute une aubaine.

L'expérience démontre toutefois qu'il est impossible de comparer scientifiquement nos deux épiceries. Les produits sont différents, tant sur la qualité que sur la manière dont ils ont été cultivés ou fabriqués.

En tout mon épicerie a coûté 44,22 $. Sans effort, j'aurais pu retrancher 12 $ en optant pour un autre pain régional, un fromage canadien et une vinaigrette fabriquée à Chicoutimi, mais moins dispendieuse. Donc pour 8 $ de plus que l'épicerie de Patricia, j'ai un panier totalement local et qui regorge d'aliments plus délicieux.

J'aurais aussi pu aller directement chez le producteur pour sauver des sous. Mais j'ai magasiné dans des commerces de Chicoutimi pour prouver qu'il était facile d'acheter «local» et que ça ne demande pas un gros détour pour se rendre chez le maraîcher ou l'artisan.

On connaît tous les bénéfices de l'achat local sur l'économie régionale. Bon Dieu qu'on serait prospère si chacun d'entre nous faisait ce petit effort. Mais on oublie souvent la question de sécurité.

Mon père, un producteur maraîcher, me sensibilise aux dangers de la concentration de la production de nourriture depuis que je suis toute petite. Mais j'en ai réellement pris conscience au printemps dernier, alors que je me trouvais en Californie. Un des États qui produit le plus de nourriture pour l'Amérique du Nord.

La Californie connaissait alors sa pire sécheresse. Sécurité alimentaire menacée, titraient les journaux de San Diego, pendant mon séjour.

Pour une rare fois, les Américains réfléchissaient sur les dangers d'une agriculture industrielle. Oui, c'est plus rentable et ça permet aux Québécois de manger des aliments à bas prix. Mais si la Californie produit moins, à qui pensez-vous qu'elle va offrir ses aliments en premier ? Ils vont nourrir les leurs en priorité.

Encourager les producteurs agroalimentaires de la région, pour moi, c'est ça la vraie souveraineté.

La semaine dernière, nous vous parlions d'achat local. Nous nous sommes donc lancé un défi, cette semaine, afin de voir s'il était facile de privilégier les fabricants et les commerçants d'ici, tout en gardant en tête la contrainte du portefeuille. Nous avions la même liste d'emplettes à effectuer. Notre liste était composée d'un fromage, un pain, un dessert, un fruit, deux légumes (carottes et champignons), une vinaigrette, un savon et une viande (porc). Laura devait essayer d'acheter des produits 100% locaux, alors que Patricia devait payer le moins cher possible. Soulignons que Le Quotidien a offert les produits achetés à la Maison d'accueil pour sans-abri de Chicoutimi.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer