Se fier aux apparences

«Une seule facture, monsieur?» (Photo 123RF)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

«Une seule facture, monsieur?»

Cette phrase, on l'entend presque à tout coup, lorsque vient le temps de payer au restaurant. Il paraît que le paiement de la facture du repas est une affaire de gars.

J'avoue que si mon copain n'avait pas sorti les billets lors de notre premier souper au restaurant, il y a de ça belle lurette, je serais peut-être restée sur ma faim. Mais bon, j'étais une jeune étudiante sans le sou et c'était toujours bien lui qui m'avait invitée! Les années ont passé et les finances ont évolué.

Aujourd'hui, c'est moi qui ramasse la facture lors des sorties au restaurant ou lors d'escapades dans les hôtels.

C'est que Chéri n'a aucun stress par rapport à l'argent, ce qui est loin d'être mon cas. Donc, depuis quelques années, c'est moi qui gère les finances à la maison. Mais, n'ayez crainte, si je paie au restaurant à tout coup, c'est aussi avec son argent. C'est que je paie tout avec carte de crédit, histoire d'accumuler des points. Mais bon, je m'écarte de mon sujet. Je ne commencerai pas à vous expliquer comment fonctionnent nos comptes en banque, tout de même.

Donc, depuis que c'est moi qui paie la facture dans les restaurants, j'ai remarqué à quel point les serveurs sont portés à faire payer l'homme.

«Ah, tiens, c'est madame qui paie ce soir?»

«Oui, c'est mon escorte. Je le sors ce soir» ou «Oui, c'est madame qui paie, parce que monsieur n'a pas une cenne», sont des réponses qui me brûlent les lèvres lorsque vient le temps de sortir ma carte. Mais je me retiens.

Si mon copain est loin de s'en faire avec ce genre de remarque, moi, elles commencent sérieusement à me taper sur les nerfs. Est-ce si rare que ça, une femme qui ramasse la facture ou qui règle la note à l'hôtel?

Bien que les préjugés se soient atténués au fil des années, quelques idées préconçues restent tenaces.

Je me souviens d'un dîner dans un restaurant de Chicoutimi, que j'avais partagé avec un collègue d'âge mûr. Celui-ci étant à la salle de bain, la serveuse me lance qu'elle reviendra prendre la commande de mon père.

«Ce n'est pas mon père, c'est mon chum», que je lui lance, le plus sérieusement du monde. Elle se confond en excuses, consciente d'être sautée aux conclusions un peu trop vite.

Ce n'était évidemment pas mon copain. Mais j'espère que cette serveuse a appris qu'il ne fallait pas toujours se fier aux apparences.

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